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Comment AirBnb a piqué le marché des hôteliers sur l’Ile Saint-Louis

La rue St Louis en L’ile, qui fait 400 mètres, compterait 97 appartements en location de courte durée pour un parc de 90 chambres d’hôtel sur l’ensemble de l’Ile.

La rue St Louis en L’ile, qui fait 400 mètres, compterait 97 appartements en location de courte durée pour un parc de 90 chambres d’hôtel sur l’ensemble de l’Ile. - AirBnb

Dans ce quartier du 4e arrondissement de Paris, 63% des immeubles abriteraient un logement loué par des sites entre particuliers. Selon une étude de l’Ahtop, 20% des appartements de l'île seraient concernés. Pour les hôteliers du quartier, cette économie du partage est une "gangrène".

L’économie collaborative ne fait pas que des heureux. En parallèle de la bataille qui oppose les taxis et Uber, la tension ne baisse pas entre hôteliers et AirBnb comme le dévoile l'étude réalisée par l'Ahtop (Association pour l’hébergement et le tourisme professionnels) pour Paris Inn Group. Cette enquête s'est focalisée sur l’Ile Saint-Louis, le plus vieux, mais aussi l’un des plus chers quartiers de la Capitale. 

L'étude révèle qu’un appartement sur cinq est loué sur des sites de location entre particuliers. La pratique occasionnelle est tolérée, mais dans ce cas précis, c’est devenu un véritable business qui crée un manque à gagner pour les professionnels.

L’étude révèle l'ampleur du phénomène. Sur les 214 immeubles que compte l’Ile St Louis, 135 abritent au moins un appartement Airbnb ou assimilé. "63% des immeubles sont donc touchés". Pour le groupe hôtelier, cette économie est devenue pour les professionnels "une véritable gangrène".

Une perte fiscale évaluée à 100 millions d’euros

L’Ahtop révèle que dans la rue St Louis en L’ile qui fait 400 mètres, on compterait pas moins de 97 appartements en location de courte durée pour un parc de 90 chambres d’hôtel sur l’ensemble de l’île.

Comme nous l’avons constaté sur AirBnb, dans ce village parisien, les prix vont de 55 euros la nuit pour une studette avec futon sans TV ni Internet, à 110 euros pour un studio de 2 personnes. Pour ces deux extrêmes, les revenus mensuels vont de 1.650 à 3.300 euros. Selon l’étude, "44% des biens Airbnb dépasseraient le seuil des 120 jours de location par an".


"C’est ingérable, c’est devenu une industrie", s’insurge Paris Inn Group qui estime le revenu mensuel moyen par logement à 3.400 euros.

Pour inciter les pouvoirs publics à prendre des mesures, ou à appliquer celles qui existent, l'association évalue la perte fiscale à 100 millions d’euros, dont 80% pour la TVA.

Si l'enquête dévoile nombre de détails, sa méthodologie reste secrète. L'Ahtop indique que 128 sites (Airbnb, Vrbo, Abritel/Home Away, Trip Advisor, Paris Address, Apartaparis, Homelidays, Booking,...) ont été étudiés entre septembre et octobre dernier.

Mais elle n’en dit pas plus. "Nous ne livrons pas à ce stade la méthodologie employée, car nous allons poursuivre et étendre nos investigations à Paris et d’autres métropoles françaises", explique l’organisme qui précise qu’elle a été réalisée "avec des moyens légaux et sous le contrôle d’avocats spécialisés."

Pascal Samama