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Bitcoin: monnaie virtuelle mais fraude réelle?

Les autorités américaines veulent plus de contrôle sur le bitcoin, monnaie pourtant virtuelle et indépendante.

Les autorités américaines veulent plus de contrôle sur le bitcoin, monnaie pourtant virtuelle et indépendante. - -

Idéal d’internautes rêvant une monnaie complètement indépendante, le bitcoin s’attire les foudres des autorités. Accusée de servir à tous les trafics, la monnaie virtuelle fait actuellement l’objet d’une enquête aux Etats-Unis.

Conçu pour échapper à tout contrôle des autorités, le bitcoin pourrait bien être rattrapé. Après la fermeture de la plateforme d’échange Liberty Reserve fin mai, le régulateur financier de New York va entendre 22 sociétés dans le cadre d’une enquête sur la monnaie virtuelle.

La pression gouvernementale sur le bitcoin s'accentue. Cette monnaie virtuelle, composée de lignes de codes cryptés, échappe à toute régulation et à tout contrôle, aussi bien des marchés que des Etats.

Créée en 2009 dans l’esprit libertaire du web, le bitcoin s’échange entre internautes équipés du programme dédié. Mais elle servirait surtout à faciliter des activités illégales de blanchiment d’argent.

"Un Far-West pour narco-trafiquants"

"Nous avons vu des cas où le manteau de l'anonymat fourni par les monnaies virtuelles a soutenu de dangereuses activités criminelles, comme le trafic de drogue, le blanchiment d'argent, le trafic d'armes, et la pornographie infantile", explique ainsi l’autorité de régulation américaine.

Selon elle, "si les devises virtuelles restent un Far-West pour les narco-trafiquants et d'autres criminels, cela ne menacerait pas seulement la sécurité de notre pays, mais aussi l'existence même du secteur de la monnaie virtuelle en tant que secteur d'activité légitime".

Une monnaie de réserve

Autre coup dur pour la devise alternative, les appareils sous système Android générant des bitcoins font l’objet d’une attaque informatique, qui permet à des hackers de vider les portefeuilles virtuels.

L’aspect entièrement virtuel, l'extrême volatilité de la monnaie et l’absence d’obligation de déclarer ses bitcoins seraient aussi la porte ouverte à plusieurs manipulations.

Reste qu’il est bien difficile d’estimer la part d’activités illégales dans le bitcoin. Le système, qui peut générer au maximum 21 millions d’unités, code mathématique oblige, a déjà distribué plus de la moitié des bitcoins disponibles.

L’essentiel des détenteurs s’en servent comme monnaie de réserve, qu’ils échangent ensuite contre des devises bien réels, dollars, euros ou yuans. 

Audrey Dufour avec AFP