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Après le vinyle et la cassette, le baladeur MP3 rêve d'un come-back

Au début des années 2000, l'iPod et les Archos symbolisaient le futur de l'écoute musicale. En 2007, l'iPhone a tout changé pour anéantir le marché des baladeur MP3.

Au début des années 2000, l'iPod et les Archos symbolisaient le futur de l'écoute musicale. En 2007, l'iPhone a tout changé pour anéantir le marché des baladeur MP3. - Justin Sullivan - Getty Images North America/AFP

Nés au début des années 2000 et popularisés par l'iPod, les baladeurs MP3 n'ont pas tenu le choc face aux smartphones et au streaming. Une marque haut de gamme parie pourtant sur un retour en grâce.

La scène de fin du second opus des Gardiens de la Galaxie était-elle prémonitoire? Dans ce deuxième volet du space opera de Marvel, le héros StarLord, un humain qui n'a plus mis les pieds sur terre depuis sa tendre enfance, reçoit un Zune, le lecteur MP3 avec lequel Microsoft espérait concurrencer l’iPod, pour remplacer son vieux walkman. Ce qui le comble de joie.

Avec sa bande original savoureusement retro et son important succès au box office, le premier film avait crée un regain d'intérêt pour les cassettes audio. Ce deuxième sera-t-il, lui, en mesure de relancer le baladeur MP3, un mode d’écoute qui n’a pas survécu à l’iPhone, à Apple Music, puis au streaming de Deezer et Spotify?

Certains fabricants se frottent en tout cas les mains. A commencer par Astell&Kern, créateur de ce qu'on peut considérer comme la version ultime de l’iPod. Ce baladeur numérique baptisé Kann vise un public d’audiophiles qui aiment les objets luxueux et qui dispose d’un solide pouvoir d’achat. Vendu près de 1000 euros, il n’est pas destiné à monsieur ou madame tout le monde.

Avec le Kann, Astell&Kern veut séduire les audiophiles mobiles.
Avec le Kann, Astell&Kern veut séduire les audiophiles mobiles. © A&K

Mais les clients en auront pour leur argent: coque en alu, capacité de 800 Go, double lecteur de cartes (SD et micro SD), double sortie casque (mini et micro jack), double port USB (DAC et micro-USB), batterie offrant 18 heures d'autonomie et écran LCD pour les pochettes d’albums. Mais surtout, il lit l’ensemble des fichiers audio depuis le simple MP3 jusqu’au DSD de 11,2 MHz qui peuvent être équilibrés sur un égaliseur à 20 bandes. Et pour passer d’un morceau à l’autre, une molette qui rappelle les briquets S.T. Dupont que celle des iPod. A&K a aussi dans son catalogue un modèle très haut-de-gamme, l'A&ultima SP1000 à plus de 3000 dollars.

L'iPod? Pour Tim Cook, un "business en déclin"

Ce positionnement est plutôt audacieux, car le monde des baladeurs est en déshérence depuis déjà quelques années. Même l’iPod, qui a fait le succès d'Apple dès 2001, ne fait plus recette, comme Tim Cook l’a lui-même reconnu en 2015 en parlant d’une "business en déclin". Les ventes ont commencé à s’affaisser dès 2008, soit un an après le lancement de l’iPhone. Apple a d’ailleurs cessé d’en parler depuis déjà deux ans sans que personne ne s’en alarme.

Même les cabinets d’analyse qui mesurent la tendance des produits high-tech, ne donnent plus d’information sur les achats de baladeurs, et encore moins sur les perspectives de ce marché. Après avoir atteint des centaines de millions de ventes annuelles jusqu’en 2011, ces appareils sont devenus un marché de niche dont les ventes sont devenues anecdotiques.

Sur les moteurs de recherche, on ne trouve que des modèles d’entrée de gamme et quelques survivants comme chez Apple Sony ou Archos. Ils ont été dépassés par les appareils connectés. Et pourtant, c’est sans doute cet anachronisme technologique qui semble séduire les derniers utilisateurs. Ils n'ont pas besoin d’une connexion WiFi pour écouter de la musique, ni du Bluetooth pour connecter un casque.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco