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Les disques vinyles poursuivent leur insolente renaissance

En France, les vinyles ne représentent que 2,3% des ventes de disques physiques

En France, les vinyles ne représentent que 2,3% des ventes de disques physiques - Monday @ the Mint 008 - Wikimedia commons cc

"750.000 albums vinyles ont été vendus en France l'an dernier. C'est deux fois plus qu'en 2012. "

Pour la première fois depuis bien longtemps, le syndicat des majors du disque Snep, a publié mardi 8 mars le nombre de disques vinyles vendus en France. Le chiffre mérite il est vrai qu'on s'y attarde. 750.000 galettes noires ont été vendues en 2015. En trois années, les ventes ont ainsi progressé de 128%.

Le revival du vinyle est donc indéniable, même si ce n'est pas lui qui va sauver l'industrie du disque. En effet, il reste marginal par rapport aux albums CD, qui se sont écoulés à 35 millions d'exemplaires l'an dernier. Alors qu'aux Etats-Unis, le vinyle représente déjà 45% des ventes de CD...

Un objet de plaisir

Les dirigeants du secteur avancent plusieurs explications. Pour le président de Sony Music France Stéphane Le Tavernier, "le vinyle est devenu un phénomène significatif depuis 2 ou 3 ans. Il est acheté par une population assez jeune, qui est à nouveau attirée par du matériel hi fi. Son succès est dû à un côté émotionnel: acheter un tel objet est un plaisir. C'est une représentation physique forte de l'artiste".

Le président de Warner Music France Thierry Chassagne abonde: "L'ensemble des labels ont réédité des vinyles de très bonne qualité. Et il y a une vraie volonté des disquaires de jouer cette carte. Ceux qui ont fait une bonne fin d'année ont joué cette carte".

Le directeur général du Snep Guillaume Leblanc conclut: "On pensait que les jeunes n'achèteraient plus de supports physiques, mais un support physique peut séduire s'il est bien pensé et ressemble de plus en plus à un objet". 

Un marché quasi-stabilisé

En 2015, le chiffre d'affaires de la musique enregistrée en France a baissé de 4,7%, principalement en raison du recul de 15,9% des ventes physiques (CD, vinyles, DVD), qui représentent encore près des deux-tiers du marché, a indiqué le Snep. Les ventes de CD, habituellement concentrées sur la période des fêtes de fin de l'année, ont notamment souffert de la baisse globale de la consommation constatée après les attentats du mois de novembre, estime le Snep. Le marché représente aujourd'hui 426 millions d'euros (543 millions d'euros avec les droits voisins).

Les revenus du streaming ont connu une hausse spectaculaire de 45% par rapport à 2014, pour dépasser les 100 millions d'euros. Parmi ces revenus, 71% proviennent des abonnés, pour moitié inscrits à un site, pour l'autre moitié abonnés indirectement via leur forfait téléphonique. Le reste vient des modèles gratuits financés par la publicité. La France compte désormais 3 millions d'abonnés à un service de streaming, dont 1,3 million inscrits directement, et 1,7 million via les bundles des opérateurs télécoms.

Les ventes de disques vinyles, en volume (en % des ventes physiques)

2012: 329.000 (0,8%)

2013: 471.000 (1,1%)

2014: 672.000 (1,9%)

2015: 750.000 (2,3%)

Source: Snep

Jamal Henni