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Renault: Ghosn reste PDG, Thierry Bolloré assure la direction exécutive

Carlos Ghosn reste pour l'instant PDG de Renault.

Carlos Ghosn reste pour l'instant PDG de Renault. - Eric Piermont-AFP

Le conseil d'administration de Renault a désigné mardi soir le numéro deux de l'entreprise, Thierry Bolloré, pour assurer l'intérim de Carlos Ghosn, qui reste pour l'instant PDG.

Le conseil d'administration de Renault a confié mardi soir "à titre provisoire" la direction exécutive du groupe à Thierry Bolloré, qui disposera des "mêmes pouvoirs" que Carlos Ghosn, actuellement en garde à vue au Japon. "Carlos. Ghosn, temporairement empêché, demeure Président-Directeur général", a souligné dans un communiqué le constructeur automobile français à l'issue d'une réunion extraordinaire.

Thierry Bolloré, 55 ans, avait été choisi comme bras droit en février dernier par Carlos Ghosn. Cette nomination sans surprise épouse le souhait énoncé plus tôt mardi par le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire.

La question clef pour Renault est de "préserver les intérêts de Renault et d'assurer la pérennité de l'alliance" avec les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors.

Carlos Ghosn est toujours en détention

Le conseil d'administration de Nissan doit se prononcer quant à lui jeudi sur une proposition de limogeage de son président. Et Mitsubishi Motors (MMC) prévoit de le "démettre rapidement": un conseil doit se tenir la semaine prochaine, selon un porte-parole de la société.

Lâché au Japon, Carlos Ghosn, considéré à 64 ans comme un des plus puissants capitaines d'industrie au monde, est toujours détenu à Tokyo, où il a été interpellé lundi à l'arrivée de son jet privé.

Le parquet reproche au Franco-libano-brésilien d'avoir "conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015", en ne déclarant que 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) contre près de 10 milliards de yens sur la période.

Lors d'une conférence de presse lundi, le patron de Nissan a également mentionné "de nombreuses autres malversations, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles", qui auraient été découvertes après plusieurs mois d'enquête interne.

Mardi soir, le conseil d'administration de Renault a demandé à Nissan "de lui transmettre l'ensemble des informations en sa possession dans le cadre des investigations internes dont Carlos Ghosn a fait l'objet", disant ne pas être "en mesure de se prononcer sur les éléments dont disposeraient Nissan et les autorités judiciaires japonaises à l'encontre de Carlos Ghosn".

La rémunération de ce patron aussi puissant que secret a déjà donné lieu à bien des polémiques, tandis que son train de vie a également pu susciter des commentaires, à l'image par exemple de sa réception de mariage en grande pompe au château de Versailles en 2016.

C.C. avec AFP