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Le Maire juge que Carlos Ghosn n'est plus en mesure de diriger le groupe Renault

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire - Ludovic Marin - AFP

Après son arrestation pour fraude fiscale au Japon, le ministre de l'Economie a demandé une gouvernance intérimaire pour le constructeur Renault. Le conseil d'administration va se réunir dans la journée.

Le conseil d'administration de Nissan doit se prononcer sur le limogeage de son président Carlos Ghosn, au coeur d'une affaire de fraude fiscale au Japon, son rôle au sein de groupe Renault est aussi remis en cause.

Le ministre de l'Economie a demandé une gouvernance intérimaire pour Renault, dont l'État est actionnaire à 15%. Bruno Le Maire estime que Carlos Ghosn "n'est plus en mesure de diriger le groupe Renault", a-t-il déclaré sur France Info.

L'administration française n'a identifié aucune fraude fiscale en France de la part du PDG de Renault-Nissan. "Dès que j'ai appris la nouvelle" de sa garde à vue, "nous avons avec Gérald Darmanin demandé à nos services de vérifier la situation fiscale de Carlos Ghosn en France". Or "il n'y a rien de particulier à signaler sur la situation fiscale de Carlos Ghosn en France", a assuré Bruno Le Maire.

Il a toutefois prévenu que si ces faits étaient avérés, "cela serait d'une gravité considérable". "Dissimuler, frauder le fisc, c'est d'une gravité d'autant plus considérable qu'on a une position élevée et un salaire très élevé", a reconnu Bruno Le Maire.

"Je n'ai pas à avoir de doute, je n'ai pas à avoir de suspicions. Je dois disposer de preuves avant de prendre une décision", a affirmé le ministre, pour qui la responsabilité de l'État est d'assurer "la stabilité de Renault, l'avenir de Renault, et la consolidation de l'Alliance" avec Nissan.

Il a par ailleurs indiqué qu'il allait téléphoner à son homologue japonais dans la matinée.

Par ailleurs, le conseil d'administration de Renault va se réunir mardi "dans la journée", a annoncé un porte-parole du constructeur automobile français à l'AFP

Le dirigeant de 64 ans est détenu pour des soupçons de dissimulation de revenus. Selon un communiqué, Carlos Ghosn "a conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015". La somme de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros au cours actuel) a ainsi été déclarée aux autorités fiscales alors que Carlos Ghosn a, en réalité, perçu près de 10 milliards de yens sur la période, précise le parquet.

C.C.