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"Pitoyable", "trahison", "coup fourré"… La charge d’Antoine Frérot de Veolia contre les dirigeants de Suez

Le PDG de Veolia s'est montré extrêmement critique après l'annonce de Suez du transfert de son activité "Eau" aux Pays-Bas. Il dénonce une "manoeuvre pitoyable".

Antoine Frérot lâche ses coups. Invité ce jeudi de Good Morning Business, le PDG de Veolia s’est montré particulièrement virulent après la décision de Suez de transférer son activité "Eau" dans une fondation aux Pays-Bas de manière à freiner la tentative de rachat de son principal concurrent. Et le dirigeant d’entreprise n’a pas hésité à employer des mots forts pour témoigner de son agacement sur ce dossier qui tourne au bras de fer.

"Manœuvre pitoyable de désertion"

Pour contrer l’offensive de Veolia, Suez a annoncé mercredi le transfert de son activité "Eau" dans un fonds de droit néerlandais afin de la rendre "inaliénable". Une branche que Veolia, qui propose de racheter l’essentiel des parts d’Engie dans Suez, voulait justement céder au fonds Meridiam pour répondre aux attentes des autorités de la concurrence.

Face à ce rebondissement, Antoine Frérot n’a pas hésité à qualifier de "pitoyable" la parade juridique de Suez. C'est une "dernière manœuvre un peu pitoyable de désertion et de transfert à l'étranger de l'activité Eau France", a-t-il déclaré sur notre antenne. Il a notamment accusé Suez d’être passé d’une "politique de la terre brûlée" consistant à céder plusieurs de ses actifs, à une "politique de désertion" avec le transfert de certaines activités vers l’étranger.

"Trahison"

Le patron de Veolia a également dénoncé ce qu’il considère être un "coup fourré", avant de critiquer "une politique financière pour s’opposer à un projet industriel", les dirigeants de Suez ayant annoncé il y a quelques jours leur volonté d’accroître leur plan d’économies et de verser un milliard de dividendes exceptionnels.

Selon lui, les dirigeants de Suez cherchent avant tout à se protéger: "Quand on défend son poste plutôt que son entreprise face à un projet d’intérêt national, j’estime qu’on trahit et son entreprise, et la France", a-t-il soufflé.

Avant d’ajouter: "Mais très honnetement, quand on fait disparaître un morceau de son entreprise tous les jours, (…) est-ce que cela ne s’appelle pas une trahison ? Et la question que je pose est: ‘Pourquoi? Pour qui? A qui profite ce crime? Donc j’en arrive à la conclusion naturelle: à ceux qui le commettent". Comprendre: les dirigeants de Suez.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco