BFM Business

La parade de Suez pour échapper à l'offensive de Veolia

Mercredi, Suez a logé dans une fondation de droit néerlandais son activité "Eau France" afin de la rendre "inaliénable".

Suez n'a pas dit son dernier mot. Le groupe spécialisé dans la gestion de l'eau et des déchets qui demandait du temps pour contrer l'offensive de Veolia a peut-être trouvé le moyen de forcer la main à tous les protagonistes de ce dossier. Mercredi, il a a logé son activité "Eau France" dans une fondation de droit néerlandais pour les quatre années à venir afin de la rendre "inaliénable".

Or, il s'agit justement la branche que Veolia, qui propose d'acquérir l'essentiel de la
participation d'Engie dans Suez, envisage de céder au fonds Meridiam pour répondre aux exigences de concurrence. Mais le groupe qui a rejeté à plusieurs reprises les avances de Veolia a estimé que cette cession serait "contraire" à sa raison d'être et à son intérêt social, ainsi qu'à celui "de ses parties prenantes et en particulier les salariés".

"Pour les quatre années à venir et sauf décision contraire du conseil d'administration de Suez au cours de cette période, Suez Eau France, comme ses actifs, sera inaliénable à défaut d'accord préalable de ses actionnaires sous certaines conditions, y compris, en tout état de cause, celui de la fondation", a précisé Suez dans un communiqué à l'issue de son conseil d'administration.

Remettre le conseil d'administration de Suez "au centre des discussions"

Une parade qui n'exclut pas pour autant les zones d'ombre et les interrogations sur le rôle que joueront à terme les administrateurs d'Engie dès lors qu'ils reviendront au conseil d'administration. Permettront-ils de pérenniser cette fondation?

Interrogé lors d'une conférence téléphonique, le président du conseil d'administration de Suez Philippe Varin a déclaré que le placement de l'activité Eau France dans une fondation permettait aussi de replacer l'instance qu'il dirige "au centre des discussions". "Fondamentalement, ceci permet au conseil d'administration de Suez, qui était hors de la boucle de décision, de revenir au centre des décisions sur l'avenir de la société".

"Cela n'empêche pas du tout une OPA ; simplement il faudra trouver les bons remèdes, mais pas la cession de l'eau en France de Suez", a-t-il ajouté.
Audrey Maubert avec Paul Louis