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Veolia-Suez: l'heure tourne et le ton monte

Veolia a proposé à Engie de lui racheter ses 29,9% de parts dans Suez pour 2,9 milliards d'euros

Veolia a proposé à Engie de lui racheter ses 29,9% de parts dans Suez pour 2,9 milliards d'euros - KENZO TRIBOUILLARD, ERIC PIERMONT © 2019 AFP

Veolia refuse de repousser la date limite de l'offre faite à Engie de lui racheter ses parts dans Suez, qui réclame du temps pour monter sa contre-proposition.

C'est un non cinglant: Veolia a refusé mercredi de repousser la date limite de l'offre faite à Engie de lui racheter ses parts dans Suez, qui réclame du temps pour monter une contre-proposition.

"Ultimatum", "dépeçage"... chaque jour, le ton monte un peu plus entre les directions de Suez et Veolia, qui ont été auditionnées successivement à l'Assemblée nationale. En soirée Suez a cherché à contrecarrer les plans de Veolia en annonçant un dispositif juridique rendant incessible sa branche Eau française pendant quatre ans.

Dans un communiqué, Suez se dit aussi "parfaitement en mesure de co-construire avec Engie une solution qui sera satisfaisante pour Engie, et dans l’intérêt social de Suez".

Il reviendra désormais à Engie, dont l'actionnaire principal est l'Etat, de trancher: vendre ou pas ses 29,9% de parts dans Suez à Veolia, qui a déposé une offre de 2,9 milliards d'euros valable jusqu'au 30 septembre.

Création d'un groupe de travail de six députés

Devant les députés réunis en commission élargie des Finances, de l'Economie et des collectivités locales, les dirigeants de Suez ont déploré le manque de temps pour agir.

"Je ne vois pas pourquoi Engie, dont l'Etat est actionnaire à 23,6%, accepterait un ultimatum de quatre semaines sur un sujet aussi fondamental. Nous avons besoin d'un peu de temps pour préparer des offres alternatives" à celle de Veolia, "qui ne nous paraît pas acceptable", a déclaré son président Philippe Varin.

A l'audition suivante, la réponse n'a pas traîné: "Non, je ne repousserai pas la date de validité de mon offre à Engie", a déclaré le PDG de Veolia, Antoine Frérot.

"Chaque jour qui passe, Suez vend une nouvelle activité, hier c'était une activité en Suède, la veille c'était en Allemagne... Sur les 90.000 salariés de Suez, 13.000 ont été vendus depuis un mois et demi. Combien en restera-t-il à Noël ?", a-t-il dit, déplorant un "dépeçage" et assurant qu'"il y a urgence à arrêter cette politique de la terre brûlée".

L'Assemblée nationale annonce la création d'un groupe de travail de six députés pour auditionner rapidement toutes les parties, syndicats ou encore PDG d'Engie. Pendant ce temps, l'heure tourne. Engie réunit en effet son prochain conseil d'administration vendredi soir, tandis que Veolia s'est dit prêt à discuter du montant offert.

PS avec AFP