BFM Business

Ludiq'Land: "Pour être chef d'entreprise, il faut être très motivée"

Ludiq'Land propose des parcs de jeux couverts et climatisés pour enfants.

Ludiq'Land propose des parcs de jeux couverts et climatisés pour enfants. - Capture Ludiqland.fr

Ludiq'Land, une entreprise proposant trois parcs de jeux couverts et climatisés pour enfants a été lancée en 2009 par deux belles-soeurs. Mais aujourd'hui, celles-ci envisagent de la céder, en raison des "difficultés" qu'elles rencontrent et d'un "système" qui est "mal fait".

Ghita Bonnet et Marie Caiazzo sont belles-soeurs. Elles ont fondé Ludiq'Land en 2009, une entreprise qui propose aujourd'hui trois parcs de jeux couverts et climatisés pour les enfants, les centres aérés... Celle-ci a déjà créé "une dizaine d'emplois" en Provence-Alpes-Côtes d'Azur. Mais aujourd'hui les deux femmes envisagent de la revendre car elles se disent "déçues du système", qu'elles ne trouvent pas assez favorable aux entrepreneurs. 

Le succès au rendez-vous

Tout avait bien commencé, pourtant. "Marie était kiné et moi j'étais une juriste en congé maternité", raconte Ghita Bonnet. La première en avait marre de voir des "enfants malades", la seconde ne s'épanouissait pas dans l'entreprise pour laquelle elle travaillait.

Alors, elles décident de changer de vie et de s'associer. En 2010, la première aire de jeux voit le jour. Le succès est au rendez-vous, Ludiq'Land devient une franchise en 2012. L'année suivante, le premier parc franchisé ouvre ses portes à Saint Miximin. Entre-temps, une deuxième aire est ouverte à Plan de Campagne.

"Très difficile"

Pourtant, le bilan n'est pas totalement positif: "en 2009, nous avions quitté le salariat avec énormément d'envie et aujourd'hui on se rend compte qu'il est très difficile d'être chef d'entreprise, qu'il faut être très motivée", explique Ghita.

"Les règles changent en permanence, il faut être à l'affut de tout et n'importe quoi, il y a très peu d'aides", regrette-t-elle. "Il faut énormément travailler et on en retire peu de gains." Déjà, au moment de financer leur projet, les deux femmes avaient eu du mal à se voir accorder la confiance d'une banque. "On en avait rencontré neuf avant qu'une consente à nous prêter de l'argent."

"Je suis fière de nous deux"

Aujourd'hui, Ghita et Marie envisagent de céder leur entreprise. "On s'est rendu compte que le plus beau métier du monde, c'est d'être salariée. En quatre ans, nous avons beaucoup travaillé, créé une dizaine d'emploi et on n'a aucune reconnaissance, on a droit à rien", s'agace Ghita, qui assure soutenir le mouvement national de revendications patronales. "On donne beaucoup et on ne récolte pas grand chose."

Pour autant, elle n'a pas de regrets. "Cela m'a beaucoup apporté humainement, je suis déçue du système, pas de ce que nous avons fait. Je suis fière de nous deux." Ghita estime avoir fait le maximum, d'avoir "repoussé ses limites": "Mais quand les impôts sont multipliés par trois et que les entrées d'argent ne le sont pas, c'est difficile de continuer."

Maxence Kagni