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Les patrons de PME sont durement frappés par la crise mais très peu pensent à fermer boutique

Bpifrance Le Lab vient de publier en partenariat avec Rexecode son dernier baromètre consacré à la manière dont les TPE-PME font front face à la crise. Première enseignement de cette étude : elles sont plus que jamais résilientes.

Comment les petites et moyennes entreprises gèrent-elles leur trésorerie, leurs investissements et leur croissance par temps de crise économique et sanitaire? Cette question, c'est le laboratoire d'idées de Bpifrance qui se la pose dans le cadre dans son dernier baromètre publié mardi portant sur l'impact du coronavirus sur l'activité des TPE-PME.

Touchés mais pas coulés

Menée auprès de 615 dirigeants, cette étude souligne le fait que les petits patrons sont aujourd'hui 91% à anticiper un impact négatif de la crise sur leur activité. Ils sont 41% à prévoir une baisse de plus de 30% de leur chiffre d'affaires. Ils sont 7% à considérer que leurs difficultés de trésorerie se révèlent insurmontables. A l'inverse, 40% des dirigeants tablent sur un retour rapide à la normale.

En outre, Bpifrance Le Lab explique que la trésorerie des PME s’est "très fortement détériorée au cours des 3 derniers mois" et qu'elle pourrait l'être d'autant plus à court terme avec "82% des PME" qui anticipent "une dégradation (de leur trésorerie – NDLR) au cours des 3 prochains mois". Néanmoins, les filets de protection mis en place par l'Etat sont jugés efficaces et moins de 1% des patrons envisagent une liquidation de leur entreprise.

31% des projets d'investissement maintenus

Avec la reprise de l'activité, la faiblesse de la demande est devenue le principal frein pour l'économie, détaille le document. Une situation inédite alors que depuis trois ans que ce baromètre trimestriel est réalisé par Bpifrance et l'institut Rexecode, "le premier frein à la croissance, c'était une contrainte d'offre, liée notamment aux difficultés de recrutement", explique à l'AFP Philippe Mutricy, directeur des études et de la prospective de la banque publique d'investissement.

Dans ce contexte, sur les 81% de PME qui avaient des projets d'investissement avant la crise, seules "31% comptent les maintenir tandis que près de la moitié envisagent de les reporter et 22% d'entre elles prévoient de les annuler". Si les PME n'envisagent plus d'investir, c'est à 49% pour des contraintes de trésorerie et à 27% "en raison de l'insuffisance des débouchés".

Point positif, les bonnes conditions de crédit qui prévalaient avant la crise ont perduré grâce aux prêts garantis par l'Etat (PGE) depuis le début du confinement. Elles ont permis aux entreprises de "recharger leurs capacités de financement", observe Philippe Mutricy. Reste que 59% des PME "anticipent une reprise difficile".

Julie Cohen-Heurton avec Emmanuel Lechypre et AFP