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Les candidats se bousculent pour présider le régulateur de l’énergie

Philippe de Ladoucette terminera son mandat le 7 février prochain à la présidence de la Commission de régulation de l'énergie.

Philippe de Ladoucette terminera son mandat le 7 février prochain à la présidence de la Commission de régulation de l'énergie. - DOMINIQUE FAGET / AFP

Philippe de Ladoucette termine son mandat le 7 février. Plusieurs noms circulent pour le remplacer. Et déjà, un favori se dégage.

La course pour la présidence du régulateur de l’énergie est lancée. L’actuel président, Philippe de Ladoucette quittera son poste le 7 février prochain après dix ans de règne. Trois mois avant l'élection présidentielle, la présidence de la commission de régulation de l’énergie (CRE) sera l’un des derniers grands postes de la République à pourvoir. L’heureux élu ne sera choisi que début janvier par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal. Plusieurs noms circulent déjà.

Les grands corps de l’État se mettent en branle pour placer leurs hommes. Ou leurs femmes. Ainsi, l’incontournable corps des Mines, fait remonter le nom de sa DRH, Marie-Solange Tissier. Les "Mines" sont ultra-puissants dans le monde de l’énergie et imposent depuis des décennies la plupart des dirigeants d’EDF, d’Areva ou des autorités indépendantes du secteur.

Chez les énarques, c’est Jean-François Carenco dont le profil est mis en avant. L’actuel préfet d’Ile-de-France est souvent cité pour des postes publics. Il a notamment été le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Écologie et de l’énergie.

Consensus autour du président de l’Ademe

Mais dans le petit monde de l’énergie, c’est pour l’instant Bruno Lèchevin qui fait figure de favori. Le président de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) semble avoir les faveurs de tous: au ministère de l’Écologie et au sein de son administration, comme chez les industriels. "On entend surtout parler de lui, confirme un dirigeant du secteur. Tout le monde le soutient". Il a pour lui d’avoir déjà été membre de la commission de régulation de l’énergie puis le patron du médiateur national de l’énergie. Il connaît bien le secteur pour avoir passé vingt ans chez EDF en tant que représentant de la CFDT.

Un quatrième nom, émanant de l’industrie, circule. Celui de Michel Derdevet, l’actuel secrétaire général d’Enedis (ex-ERDF) qui a aussi passé une douzaine d’années chez EDF. D’après son entourage, il ne serait pourtant pas sur les rangs alors que son mandat se termine en 2018. Chacun fait d’ailleurs savoir qu’il n’est pas candidat, de peur d’être en porte-à-faux dans leurs fonctions actuelles. Mais difficile de refuser la présidence de la commission de régulation de l’énergie.

D’autant que depuis début 2016, elle détient des pouvoirs très forts. Grâce à la loi "Nome" (nouvelle organisation des marchés de l’énergie), la CRE fixe elle-même les tarifs de l’électricité, l’évolution de leurs taxes et la réglementation du marché. Jusqu’ici, les tarifs étaient fixés par l’État et l’avis du régulateur n’était que consultatif. Aujourd’hui, l’État ne peut plus les contester pour des raisons politiques mais doit motiver son refus. La CRE dispose ainsi de prérogatives aussi larges que l’Arcep, le régulateur du marché des télécoms.

Matthieu Pechberty