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Ségolène Royal publie enfin la feuille de route énergétique de la France

La PPE fixe les orientations que la France doit suivre pour réussir sa transition énergétique. (image d'illustration)

La PPE fixe les orientations que la France doit suivre pour réussir sa transition énergétique. (image d'illustration) - Montage BFMBusiness

Avec plusieurs mois de retard, le document censé guider la transition énergétique de la France vient d'être dévoilé. Il ne précise toujours pas comment gérer la réduction à 50% de la part du nucléaire d'ici à 2025.

C'est un texte très attendu qui vient d'être rendu public. Publiée au Journal officiel sous la forme d'un décret, la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) fixe la trajectoire du bouquet énergétique français (recours au pétrole, à l'éolien, au gaz, au nucléaire, au solaire ...) jusqu'en 2023 afin d'atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique, adoptée à l'été 2015.

C’est "un gros travail" qui s’achève pour "le texte principal qu’on attendait depuis le vote de la loi" s’est félicitée, auprès de l’AFP, la ministre de l’Environnement et de l’Énergie. Ségolène Royal estime par ailleurs que cette "PPE est ambitieuse, notamment pour les énergies renouvelables", mais aussi "efficace pour le combat climatique" et "énergique pour la préparation du modèle économique de demain" basée sur une croissance moins émettrice de dioxyde de carbone (CO2).

Initialement attendue au premier semestre, la présentation de la PPE avait d'abord été reportée, avant que le texte ne soit amendé par le gouvernement après les critiques émanant de plusieurs organismes (comité d'experts, autorité environnementale, conseil national de la transition énergétique, etc.) consultés avant sa parution. Ces acteurs reprochaient notamment un certain flou sur le volet, sensible, du nucléaire alors que la loi prévoit de ramener la part de l'atome dans la production nationale d'électricité de 75% aujourd'hui à 50% d'ici à 2025.

Le nombre de réacteurs à fermer n'est toujours pas précisé 

Sur ce point, une phrase a été ajoutée à la synthèse accompagnant le décret. Elle précise que la fourchette anticipée de baisse de la production nucléaire contenue dans la programmation pluriannuelle de l'énergie "pourra également être révisée en fonction de l'augmentation de la production renouvelable des efforts d'efficacité énergétique". L'annexe ne mentionne toujours que la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), sans préciser le nombre d'autres réacteurs qui pourraient être fermés d'ici 2023. Laissant ainsi sur leur faim des ONG, appuyées par un rapport parlementaire publié cet été, qui réclament un objectif précis et chiffré. 

Le décret oblige lui-même l'exploitant nucléaire EDF "dans un délai maximal de six mois" après sa publication (soit juste avant l'élection présidentielle) a établir un "plan stratégique compatible avec les orientations de la programmation pluriannuelle de l'énergie". 

"Incohérence" du texte pour les uns, "clarté" pour les autres

Dans un communiqué Greenpeace dénonce "une PPE incohérente" qui "n'indique aucune trajectoire de réduction de la part du nucléaire". L'ONG estime, pour sa part, qu'il faudrait fermer entre 21 et 23 réacteurs d'ici 2023 pour atteindre l'objectif fixé par la loi. "Le gouvernement laisse à EDF la main" pour "dire comment ils feront" puisque la trajectoire pour atteindre les 50% "n'est pas décrite" insiste auprès de l'AFP Cyrille Cormier, chargé de campagne Énergie au sein de l'ONG.

De son côté, Ségolène Royal explique que "c'est surtout la clarté des objectifs qui a été renforcée" par ce texte alors même que la présentation pluriannuelle de l'énergie est critiquée sur le manque de cohérence entre ses différents volets (consommation et production d'énergie). La ministre rappelle également que "plus de 90%" des textes d'application de la loi sur la transition énergétique ont été publiés. Les autres étant en cours d'examen devant le Conseil d'État ou la Commission européenne.

A.M. avec AFP