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Rentrée chargée pour le nouveau patron d'Air France-KLM qui prend ses fonctions aujourd'hui

Benjamin Smith vient de la compagnie Air Canada dont il était le numéro 2.

Benjamin Smith vient de la compagnie Air Canada dont il était le numéro 2. - Air Canada-Air France-KLM

Benjamin Smith, le nouveau patron d'Air France-KLM prendra ses fonctions le 17 septembre, soit un mois après sa nomination. Un agenda chargé l'attend à commencer par des négociations avec les syndicats qui réclament une hausse de salaire de 5,1%.

Benjamin Smith embarque aujourd'hui aux commandes d'Air France-KLM. Depuis sa nomination le 16 août dernier, après trois mois de recherches du "candidat idéal", l'ex-numéro 2 d'Air Canada, prend les rênes d'une compagnie en apportant avec lui une promesse de renouveau par son âge (46 ans) et de rupture en tant qu'étranger et fort de son expérience de la direction d'une compagnie aérienne, alors qu'Air France-KLM a connu nombre de dirigeants successifs issus de la haute administration française.

"Il va évidemment rencontrer les syndicats et j'espère que tout le monde va bien porter ce projet de développement d'Air France", a commenté Élisabeth Borne, ministre des Transports sur l'antenne de BFMTV. "L'urgence du moment, c'est un projet stratégique", a-t-elle poursuivi.

Une première semaine chargée pour Ben Smith

La semaine qui commence s'annonce chargée pour Ben Smith. Selon une source proche de la compagnie, le directeur général d'Air France-KLM devrait réunir les membres de la direction, aller à la rencontre des collaborateurs sur le terrain et des partenaires sociaux, sa priorité étant "surtout d'aller vite à la rencontre des équipes".

Son arrivée n'a pas été épargné par les critiques, notamment syndicales. L'intersyndicale avait rapidement fustigé la nomination "d'un dirigeant étranger" tandis que le salaire de 4,5 millions d'euros par an maximum du nouveau patron avait fait polémique dans la sphère politique notamment.

L'intersyndicale a mis un peu d'eau dans son vin

Il prend la tête de la compagnie dans un contexte tendu, où les syndicats réclament une hausse générale des salaires de 5,1% correspondant à l'inflation sur la période 2012-2017.

Toutefois, vendredi dernier, 8 septembre, l'intersyndicale d'Air France avait affiché sa volonté de renouer rapidement un dialogue avec la direction, éloignant la perspective d'une grève.

Ben Smith devait prendre ses fonctions au plus tard le 30 septembre. Il arrive finalement "un peu plus tôt que ce qu'on pouvait imaginer, ça veut dire qu'il a déjà pris quelques marques et constitué une petite équipe autour de lui", estime Vincent Salles, de la CGT. "On demande qu'en premier lieu il reçoive l'intersyndicale pour qu'on puisse sans attendre commencer à traiter la question du conflit qu'on mène depuis le début de l'année sur les salaires", ajoute le syndicaliste, interrogé par l'AFP.

Pour les pilotes d'Air France, "on sort d'une phase d'incertitude"

Pour Véronique Damon, représentante des pilotes (SNPL) au sein du conseil d'administration d'Air France, "la bonne nouvelle est qu'on a de nouveau quelqu'un à la tête d'Air France-KLM, c'est bien qu'on sorte de cette phase d'incertitude".

La semaine à venir s'annonce chargée pour Ben Smith. Selon une source proche de la compagnie, il devrait réunir les membres de la direction, aller à la rencontre des collaborateurs sur le terrain et des partenaires sociaux, sa priorité étant "surtout d'aller vite à la rencontre des équipes".

Leurs 15 journées de grève entre le 22 février et le 8 mai ont coûté 335 millions d'euros à la compagnie. Le mouvement avait été suspendu après la démission du PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d'une consultation sur un accord salarial lancée à son initiative.

Frédéric Bergé avec AFP