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Montebourg obtient son décret qui renforce "le patriotisme économique"

Arnaud Montebourg veut protéger les fleurons stratégiques français

Arnaud Montebourg veut protéger les fleurons stratégiques français - -

En plein dossier Alstom, un décret pris à l'initiative d'Arnaud Montebourg et publié ce 15 mai étend à l'énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises "stratégiques" contre les rachats par des groupes ou des capitaux étrangers.

En pleine affaire Alstom mais aussi au lendemain de la polémique née des propos de Ségolène Royal sur sa préférence pour General Electric, le gouvernement sort l'artillerie lourde au nom du patriotisme économique cher à Arnaud Montebourg. Un décret, publié dans le Journal officiel ce jeudi 15 mai, étend en effet à l'énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises stratégiques.

Néanmoins, General Electric, a indiqué à l'AFP qu'elle continuerait "ses discussions constructives avec le gouvernement français", ajoutant "avoir pris note" de ce décret.

Pour justifier cette décision, Matignon a fait savoir, ce jeudi matin que "la puissance publique doit avoir son mot à dire sur des secteurs stratégiques". "Le choix que nous avons fait, avec le Premier ministre, est un choix de patriotisme économique", déclare de son côté Arnaud Montebourg, dans un entretien à paraître dans Le Monde de ce jour. "Ces mesures de protection des intérêts stratégiques de la France sont une reconquête de notre puissance", ajoute-t-il.

Il est clair que la publication de ce décret souhaité par le ministre de l'Economie n'est pas fortuite. Il pourra servir d'argument au gouvernement français pour faire pression sur Alstom, voire Siemens, pour obtenir des avancées dans la reprise d'Alstom.

Autorisation de rachat

Ce décret soumet à l'autorisation préalable du ministre de l'Economie les investissements par des groupes étrangers en France, dans les domaines de l'énergie et des transports, mais aussi de l'eau, de la santé et des télécoms.

Il étend de fait un dispositif de protection mis en place par un précédent décret de 2005 du gouvernement Villepin dans les secteurs de l'armement, mais aussi des technologies de l'information ou des jeux d'argent.

Le mécanisme permet de subordonner l'autorisation de rachat de groupes français à la revente par l'investisseur étranger, à une société indépendante, d'activités faisant partie des secteurs sensibles.

La France précise ainsi un dispositif existant qui s'apparente au système américain où une commission fédérale examine les dossiers d'investissements étrangers aux Etats-Unis en fonction de leur implication pour la "sécurité nationale".

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P.C avec AFP