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Les ventes de voitures ont encore baissé en Europe le mois dernier

DS est l'une des rares marques à avoir vu ses ventes augmenter en janvier en Europe.

DS est l'une des rares marques à avoir vu ses ventes augmenter en janvier en Europe. - AFP

Les immatriculations de voitures neuves ont reculé pour le 5e mois consécutif en Europe en janvier. La principale cause vient des incertitudes économiques, liées au Brexit.

Le marché automobile freine en 2019. Au mois de janvier, les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 4,6%, selon les derniers chiffres publiés par l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA). C’est le cinquième mois de recul des ventes, après un automne et un début d’hiver difficiles, plombés par l’entrée en vigueur du nouveau système d’homologation WLTP.

Les Français limitent la casse

Les constructeurs français limitent la casse. Les livraisons de PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) ont diminué de 1,9%, mais Citroën voit ses ventes progresser de 3,3%, et DS de 13,7%. La griffe luxe du groupe PSA est portée par son SUV DS7 Crossback. Le Groupe Renault se maintient (avec Dacia, Lada, Alpine) avec une légère baisse de 0,7%, grâce notamment à la marque Dacia. Elle a vendu 12,4% de voitures supplémentaires.

Le partenaire de Renault dans l’Alliance, Nissan, s’effondre, à -26,1%. Son ancien "best-seller", le SUV Quashqai doit affronter une concurrence toujours plus fournie et la nouvelle version de sa citadine Micra semble ne pas avoir séduit le public. Nissan ne pèse plus que 2,6% du marché et fait à peine mieux que la marque haut de gamme suédoise Volvo qui progresse elle de 21,6%, portée par le succès de sa gamme de SUV.

Le groupe allemand Volkswagen, toujours largement numéro un en Europe, a été particulièrement touché. En janvier, ses immatriculations ont baissé de 6,5%, plus que la moyenne, et sa part de marché s'est contractée à 24,1%. Ses labels haut de gamme Audi (-17,3%) et Porsche (-49,7%) ont particulièrement faibli. Les marques Volkswagen (-3,8%) et Skoda (-5,1%) s'en sont mieux tirées, alors que Seat a réussi à progresser de 7,6%.

Le Brexit en toile de fond

La situation économique explique ce début d’année poussif.

"Le climat économique est incertain, notamment avec le Brexit. Le marché européen devrait ralentir légèrement en 2019, nous décrypte Flavien Neuvy, président de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile. L’Europe atteint un plafond en termes de ventes automobiles, 10 ans après la crise".

Jugeant la situation internationale particulièrement incertaine, l'ACEA avait exprimé son inquiétude face au risque de Brexit dur, une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord, qualifié de scénario "dramatique" pour l'industrie automobile par son président Carlos Tavares. 2018 a représenté la cinquième année de croissance consécutive des immatriculations dans l'UE, mais avec un rythme de progression minimal de +0,1%, et certains experts craignent un retournement de cycle.

Le marché automobile a baissé chaque mois depuis l'entrée en vigueur en septembre d'une nouvelle norme européenne d'homologation des véhicules qui a durci les exigences en matière d'émissions polluantes. De nombreux constructeurs ont été contraints de retirer, au moins temporairement, des modèles de leur catalogue, faute d'avoir pu les adapter à temps.

Pauline Ducamp, avec AFP