BFM Business

Vers un fin d’année plus difficile pour le marché automobile français?

Le marché automobile français reculerait de 9% en décembre selon le magazine spécialisé L'Argus.

Le marché automobile français reculerait de 9% en décembre selon le magazine spécialisé L'Argus. - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Après un mois d’août flamboyant, le marché automobile a connu quatre mois de baisse consécutive, selon des chiffres que s’est procuré le magazine spécialisé L’Argus.

Entre nouveau cycle d’homologation, interrogation sur l’avenir du diesel et mouvement des gilets jaunes, le marché automobile français semble marquer le pas. Selon des chiffres provisoires d’immatriculation que s’est procuré le magazine L’Argus, le marché automobile français reculerait de 9% en décembre. Il s'agit du quatrème mois de recul consécutif après les replis de septembre, octobre et novembre, "un indice inquiétant" souligne le magazine.

Décembre, un mois crucial

Le mois de décembre enregistre en effet traditionnellement de nombreuses immatriculations, car il est souvent soutenu par des promotions pour atteindre les objectifs, ainsi qu’un certain nombre de ventes tactiques. Ces ventes permettent aux constructeurs de faire immatriculer des véhicules à leurs concessionnaires et donc de gonfler leurs chiffres de vente en fin d’année. Ces modèles seront vendus en occasion "zéro kilomètres" par la suite.

L’année 2018 ne s’annonce pas catastrophique, loin de là. Les immatriculations devraient avoisiner les 2,2 millions de véhicules, ayant dépassé les 2,13 millions de voitures immatriculées mi-décembre. L’an dernier, 2,11 millions de voitures neuves avaient été vendues.

Les difficultés dues au nouveau cycle d'homologation

Reste à savoir si le recul de décembre et de la fin d’année vient d’une absence de ventes tactiques, avec un marché plus solide du côté des marges, ou si le marché français a atteint son point haut. Le passage au nouveau cycle d’homologation WLTP le 1er septembre semble avoir directement perturbé la fin de l’année.

Après avoir immatriculé de nombreux véhicules en août, les constructeurs ont pour la plupart subi d'importantes baisses des ventes en septembre et octobre. En attente d’homologation, ou parce qu’elles savaient que leur motorisation ne passerait pas les nouvelles normes, certaines marques ont choisi de réduire leur catalogue. D’où un marché perturbé. Par ailleurs, seules 39% des primes à la conversion ont servi à acheter des voitures neuves, selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique.

Pauline Ducamp