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Le marché automobile européen poursuit son recul en novembre

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Après avoir consenti de gros rabais cet été pour écouler des stocks de véhicules qui ne seront plus adaptés aux nouvelles normes, les constructeurs européens accusent le coup avec des ventes en forte baisse.

Le marché automobile européen a reculé de 8% en novembre sur un an, sa troisième baisse mensuelle consécutive, toujours victime de l'impact d'une nouvelle norme d'homologation qui avait poussé des constructeurs à anticiper des livraisons durant l'été.

Les immatriculations de voitures particulières neuves avaient déjà reculé de 23,5% en septembre et de 7,3% en octobre. Chez les constructeurs français, PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a moins baissé que la moyenne (-5,8%) et a donc gagné des parts de marché, à l'inverse du groupe Renault (avec Dacia, Lada, Alpine) qui a encore subi un net recul (-16%), d'après les chiffres de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) publiés vendredi.

Le marché automobile européen est chamboulé depuis juillet par l'entrée en vigueur d'une nouvelle procédure d'homologation des véhicules (WLTP), plus exigeante, à compter du 1er septembre. Ces tests réalisés en laboratoire mesurent la consommation de carburant mais aussi les émissions de CO2, de particules, d'oxydes d'azote (NOx) et autres produits nocifs.

Des constructeurs sont soupçonnés d'avoir accordé de gros rabais en juillet, et surtout en août, sur des véhicules qui ne pouvaient plus être commercialisés à partir de septembre, ou bien de les avoir immatriculés auprès de leurs propres concessionnaires afin de les écouler plus tard.

Le marché européen s'était envolé de 10,5% en juillet et même de 31,2% en août, avant d'entamer une correction. Ces hausses liées à la nouvelle procédure WLTP "ont conduit à une chute de la demande sur les mois suivants", a expliqué jeudi l'ACEA dans un communiqué.

En novembre, 1,12 million de voitures particulières neuves ont été mises sur les routes de l'UE, contre 1,22 million l'an dernier à la même période. Parmi les cinq plus grands marchés nationaux, les plus fortes baisses ont été enregistrées en Espagne (-12,6%) et en Allemagne (-9,9%). Mais l'Italie (-6,3%), la France (-4,7%) et le Royaume-Uni (-3%) étaient aussi en territoire négatif. 

Cependant, de janvier à novembre, le marché européen reste en très légère hausse (+0,8%), à 14,16 millions de véhicules. Sur onze mois, l'Espagne (+8%) et la France (+4,7%) progressent nettement, alors que l'Allemagne est quasiment stable (+0,4%). L'Italie (-3,5%) et le Royaume-Uni (-6,9%) sont en recul.

PSA réduit l'écart avec Volkswagen

Le groupe Volkswagen (avec Audi, Seat, Skoda, Porsche), qui avait reconnu avoir stoppé la commercialisation de certains modèles pas prêts pour l'entrée en vigueur de la norme WLTP, continue de souffrir. Ses immatriculations chutent encore de 10,9% en novembre sur un an, après -21,5% en octobre et -48% en septembre.

Les labels haut de gamme Audi (-40,4%) et Porsche (-62,1%) plongent alors que la marque Volkswagen limite les dégâts (-3,6%). Seat (+1,2%) et Skoda (+1,1%) réussissent même à progresser.

Avec 23,7% de part de marché, le groupe allemand se maintient largement en tête en Europe. Mais le numéro deux, PSA, qui s'était bien préparé au WLTP et était exceptionnellement passé devant son concurrent allemand durant un mois en septembre, réduit l'écart avec une part de marché de 16,5%.

Peugeot (-6,4%), Opel/Vauxhall (-7,7%) et Citroën (-0,9%) font mieux que le marché tandis que la marque DS, au positionnement plus haut de gamme, recule de 13,6% mais dans des volumes peu significatifs.

Le groupe Renault, numéro trois en Europe avec 10,3% de part de marché (-1 point sur un an), est toujours plombé par la marque au losange (-28,4%) mais limite les dégâts grâce à une progression spectaculaire de sa filiale à bas coûts Dacia (+15,1%).

Toyota profite de l'engouement pour les hybrides

Derrière, Fiat Chrysler (qui comprend aussi les marques Jeep et Alfa Romeo) et Ford suivent la tendance du marché en abandonnant respectivement 8,1% et 8,2%. Au sein du premium allemand, Daimler (Mercedes, Smart), en hausse de 3,3%, fait mieux que BMW (avec Mini) qui baisse de 2,8%.

Chez les constructeurs japonais, Toyota (+3,8%) continue de surfer sur le succès de ses hybrides, en pleine déroute des motorisations diesel. Il vend désormais en Europe près de deux fois plus de voitures que son compatriote Nissan, partenaire de Renault, qui s'est effondré de 30,8% en novembre.

Frédéric Bianchi avec AFP