BFM Business

Les maires posent leurs conditions à un mariage entre Veolia et Suez

Antoine Frérot, le PDG de Veolia le 28 février 2020 à Aubervilliers

Antoine Frérot, le PDG de Veolia le 28 février 2020 à Aubervilliers - ERIC PIERMONT © 2019 AFP

L’Association des maires de France a rencontré les dirigeants des deux groupes. Ils ne s’opposent pas à l’opération de rapprochement mais demandent des garanties. Un soutien implicite de poids pour Veolia.

C’est un obstacle en moins pour Veolia, et pas des moindres. Les collectivités locales ne s’opposent pas au projet de mariage avec Suez proposé par Veolia. Elles tiennent avant tout à ne pas s’en mêler. Le président de la puissante Association des Maires de France (AMF), François Baroin, reste d’ailleurs silencieux sur le dossier. Un "silence assourdissant" estime d’ailleurs un proche de Suez qui y voit un soutien implicite pour le projet de Veolia.

Le poids politique immense des maires de France

L’AMF assume sa neutralité: "nous ne prenons pas part au débat et ne sommes dans aucun camp", explique son directeur général Eric Verlhac à BFM Business. Une position plutôt interprétée comme "bienveillante" à l’égard de Veolia. Les maires de France ont un poids politique immense. Une seule petite phrase et ils peuvent faire capoter l’opération.

En 2012 déjà, ils étaient réticents au mariage entre les deux groupes, alors proposé par Suez… En 2007, ils avaient barré la route au fonds australien Macquarie qui souhaitait racheter la Saur.

Garantir l'emploi et les investissements

Pour autant, l’AMF tient à poser un cadre à cette opération. La semaine passée, ses dirigeants ont rencontré ceux de Veolia, Suez et Meridiam, qui doit racheter les métiers de gestion de l’eau de Suez en France.

"Nous fixons les mêmes points de vigilance à tous les acteurs, ajoute Eric Verlhac. Il est important de maintenir les contrats en cours notamment pour garantir l’emploi et le montant des investissements".

Les élus locaux veulent se prémunir sur des révisions de contrats du futur repreneur, en l’occurrence Meridiam. Des avenants aux contrats qui intègreraient des baisses d’investissements et d’emplois locaux dans les sociétés de gestion de l’eau ou des déchets.

Vigilance sur les métiers de propreté

L’AMF alerte d’ailleurs sur l’avenir des activités de déchets de Suez, alors que l’attention est surtout portée sur la branche "eau" qui sera reprise par le fonds Meridiam. Le PDG de Veolia, Antoine Frérot, a pourtant prévenu qu’il y aurait des ventes de sites dans les incinérateurs et les usines de traitement des déchets dangereux. Lors de la présentation de son projet, il avait même cité les concurrents Derichebourg, Paprec ou Séché comme potentiellement intéressés.

Pour cette raison, les maires de France soulignent les enjeux d’un mariage entre Veolia et Suez dans le secteur de la propreté.

"Les activités de déchets sont également un enjeu majeur car les investissements à venir sont très importants", conclut le directeur général de l’AMF.

Les maires sont pour le moment vigilants mais loin d’être opposé à un mariage entre Veolia et Suez.

Matthieu Pechberty Journaliste BFM Business