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Les banques d’affaires se ruent sur l’offre de Veolia sur Suez

Les banquiers d'affaires se pressent pour travailler sur le deal Veolia-Suez.

Les banquiers d'affaires se pressent pour travailler sur le deal Veolia-Suez. - ERIC PIERMONT / AFP

Pas moins de quinze banques conseils travaillent sur l’opération autour de Suez, Veolia, Engie… et l’Etat actionnaire. Des dizaines de millions de commissions sont en jeu.

C’est le deal de l’année pour les banques d’affaires. L’offensive de Veolia sur Suez est du pain béni pour les banquiers d’affaires. D’abord par son montant: 3 milliards d’euros pour la part de 32% d’Engie dans Suez. Mais aussi par la perspective ensuite d’une offre publique d’achat (OPA) de 7 milliards d’euros. Le PDG de Veolia a souligné qu’il la financerait par endettement et une augmentation de capital. Autant d’opérations financières qui feront le bonheur des banques. Au total, ce sont plusieurs dizaines de million d’euros de commissions sont à la clé.

Messier, Parisot et Azéma pour Veolia

A ce jour, quinze banques d’affaires sont déjà engagées sur l’opération. On atteint des records. C’est Veolia qui remporte la palme avec sept banques à ses côtés: Messier Maris, Perella Weinberg et Citi en première ligne depuis le début de l’opération cet été. L’ancien patron de Vivendi Environnement (ex-Veolia) Jean-Marie Messier épaule donc son successeur.

Pas rancunier, Antoine Frérot a aussi choisi David Azéma (Perella) qui avait pourtant failli le détrôner de son poste de PDG de Veolia, lors d’un putsch manqué en 2014. La banque américaine a aussi dans ses équipes Philippe Capron, l’ancien argentier de Veolia. Antoine Frérot mise aussi sur Citi pour l’aider. Sa patronne en France, Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef, dispose d’un réseau important dans le monde politique et des affaires. Veolia vient aussi de recruter HSBC, Morgan Stanley, BanK of America Merrill Lynch et Crédit Agricole.

C’est ensuite évidemment Suez, la cible de cette offensive qui multiplie les banques conseils pour se défendre. Les françaises Rothschild –son banquier historique Grégoire Chertok- et Société Générale ainsi que deux américaines Goldman Sachs et JP Morgan, avec l’inébranlable Marc Pandraud.

L’actionnaire de Suez, Engie, a lui aussi choisi plusieurs banques qui vont l’aider à valoriser au mieux sa participation de 32% dans Suez en faisant monter les enchères. Lazard pique ainsi la place à son rival Rothschild, aux côtés de Credit Suisse et BNP Paribas.

La délicate position de François Baroin

Enfin, le ministère de l’Economie a aussi pris soin de se faire épauler pour cette opération. En effet, l’Etat est actionnaire d’Engie (24%), et aura donc son mot à dire dans la vente de sa participation dans Suez, que ce soit à Veolia ou à d’autres investisseurs. L’Agence des Participations de l’Etat (APE) a choisi la banque britannique Barclays dont le conseiller est… François Baroin, le président de l’Association des Maires de France.

Un choix délicat alors que l’AMF représente les élus locaux, dont le poids politique est majeur dans le projet de rapprochement entre Veolia et Suez. "L’Etat a choisi Barclays avant l’offre de Veolia", assure une source. C’était il y a plusieurs mois, lorsqu’Engie a engagé sa réflexion stratégique. Mais la position ambiguë de François Baroin fait jaser. D’ailleurs chez Suez, on s’étonne du "silence assourdissant de l’AMF" sur le projet de Veolia, explique un proche du groupe.

Matthieu Pechberty Journaliste BFM Business