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La fuite de données risque surtout de peser sur l’image de DCNS

Un sous-marin Scorpène de la marine indienne, ici en mai 2016.

Un sous-marin Scorpène de la marine indienne, ici en mai 2016. - Indian navy / AFP

L'enquête a été confiée aux autorités françaises pour déterminer notamment les préjudices éventuels pour les clients. En attendant, DCNS s'attelle à les rassurer car sa crédibilité est en jeu.

Pour DCNS, l'impact de la fuite d'informations révélée par un journal australien sur son image risque d'être plus lourd que l'exploitation des données techniques volées : c'est la conviction du directeur de l'Ecole de guerre économique.

Dans le jargon, indique Christian Harbulot, on appelle cela des attaques informationnelles, et dans un contexte concurrentiel de plus en plus tendu, ces attaques se multiplient : elles visent à déstabiliser l'image des entreprises et mettent en danger des contrats. Il cite l'exemple Eurocopter dont un contrat avec l'Inde a été abandonné en 2007, après l'évocation dans la presse indienne de soupçons de corruption.

Un contrat sur 50 ans

À présent, l'objectif pour DCNS est de rassurer ses clients actuels et potentiels. Il s’agit d’une part de ceux qui utilisent le sous-marin concerné dans cette affaire, à savoir l'Inde, la Malaisie et le Chili. Et d’autre part de ceux qui envisagent d'acheter des sous-marins DCNS, celui-ci ou un autre : la Norvège, la Pologne... et surtout l'Australie.

Avec ce pays, des négociations exclusives sont en cours pour un contrat sur 50 ans, à 34 milliards d'euros. C’est justement pour enrayer cette discussion que ces fuites d’informations auraient pu être orchestrées.

Pauline Tattevin, édité par A.R.