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La France va bien vendre trois frégates à la Grèce pour trois milliards d'euros

Emmanuel Macron et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont signé mardi un protocole d'accord portant sur la commande par Athènes de trois frégates. Une 4e est en option.

Après la "trahison" australienne, les commandes à l'export repartent pour Naval Group. La France va vendre trois frégates "Belharra" à Athènes. La ministre des Armées Florence Parly précise qu'une quatrième est en option. Ces navires sont des frégates FDI-HN, des bâtiments de 4600 tonnes pour plus de 120 mètres de long équipés de radars ultra modernes conçu par Thales. Ces frégates seront construites en France, à Lorient.

C'est un "témoignage de confiance et de démonstration de la qualité de l'offre française", a déclaré Emmanuel Macron à l'Elysée à l'issue de la signature du contrat.

Les gouvernements français et grec ont signé un protocole d'accord. Le contrat final sera signé d'ici à trois mois, un délai qui servira à définir la répartition des chantiers avec la Grèce et le montant final de ce contrat évalué à ce jour à 3 milliards d'euros.

Prélevées sur la commande de la Marine nationale

La France s'est engagée à livrer ces frégates entre 2025 et 2026 en prélevant les navires de la commande de six bâtiments passée par la Marine nationale à Naval Group, a précisé le ministère des Armées. La France percevra la première frégate FDI en 2024, les deux suivantes seront livrées à la Grèce. En 2026, deux navires seront livrés l'un à la France, l'autre à la Grèce.

"Pour la France, le retard ne porte que sur deux navires et il ne sera que de quelques mois", a précisé le ministère des Armées confirmant que la commande française sera finalisée en 2030 comme convenu.

Construite en collaboration avec Thales et le fabricant européen de missiles MBDA, la FDI, appelée Belharra pour l'exportation, affiche un tonnage de 4200 tonnes. Ces bâtiments sont la taille intermédiaire entre les corvettes GoWind (2500 tonnes) et les Frégates multimissions (FREMM, 6000 tonnes). Dotée de capacités de lutte antinavire, antiaérienne, anti-sous-marine et de projection de forces spéciales, les FDI sont adaptables selon les missions.

L'annonce de ce contrat dont une lettre d'intention avait été signée en 2019 par le gouvernement grec intervient après des mois de discussions entre Paris et Athènes. Naval Group était en compétition avec les Pays-Bas, l'Allemagne mais aussi les Etats-Unis. Selon nos sources, la Grèce aurait repoussé l'offre américaine à cause d'une maintenance couteuse, mais aussi après la méthode américaine sur l'affaire des sous-marins australiens.

Ce contrat, en discussion depuis plusieurs années, intervient à un moment stratégique pour la France. Le 15 septembre, l'Australie a annoncé la rupture d'un contrat pour 12 sous-marins à propulsion conventionnelle. Ce mardi, à 17 heures, Pierre-Éric Pommellet, PDG de Naval Group, sera auditionné à l'Assemblée nationale par deux commissions, celle des Affaires économiques et de Défense. L'objet est de savoir comment le groupe, dont l'Etat est le principal actionnaire à 62,5% (et à 35% par Thales) n'a pu anticiper l'annulation de contrat qui faisait l'objet de débats depuis des mois en Australie.

Quid des trois corvettes Godwind?
La Grèce était aussi en discussion pour l'achat de trois corvettes de classe Godwind ce qui aurait porté le montant total du contrat à environ cinq milliards d’euros. Ce dossier a-t-il fait l'objet de discussions en marge de l'accord sur les frégates. Le ministère des Armées a indiqué que ces navires "sont peut être une solution pour la stratégie navale de la marine hellène, mais c'est à la Grèce de s'exprimer sur ce sujet".

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco