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Pour Macron, l'affaire des sous-marins "ne change en rien la stratégie indo-pacifique de la France"

Emmanuel Macron a affirmé vendredi que les Etats-Unis resteront "de grands alliés" mais que ce serait "une terrible erreur" de ne pas tirer les conséquences de la crise des sous-marins australiens.

La crise des sous-marins australiens "ne change en rien la stratégie indo-pacifique de la France", a affirmé ce mardi matin Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse annonçant la vente à la Grèce de trois frégates construites par Naval Group. Cette stratégie "a été annoncée dès le début de l'année 2018 en Inde, nous avons plusieurs partenaires dans la région, et là aussi, l'histoire et la géographie sont têtues".

"La France est une puissance indo-pacifique indépendamment de tout contrat", a poursuivi le président de la République, rappelant qu'il y avait "plus d'un million de nos compatriotes dans la région".

L'affaire des sous-marins australiens est la plus grave crise diplomatique entre la France et les Etats-Unis depuis le "non" français à la guerre en Irak en 2003. L'ambassadeur français à Washington, qui avait été rappelé pour la première fois, fera son retour demain dans la capitale américaine "avec un mandat clair" pour "établir les conditions d'un réengagement" à la suite de la conversation téléphonique avec le président américain Joe Biden, a précisé Emmanuel Macron. Un nouvel appel entre les deux chefs d'Etat est prévu à la mi-octobre.

Ne pas être "naïfs"

Les Américains "sont de grands alliés historiques" et "ils le resteront", mais "nous sommes obligés de constater que depuis maintenant un peu plus de 10 ans, les Etats-Unis se concentrent beaucoup sur eux-mêmes, et ont des intérêts stratégiques qui se réorientent vers la Chine et le Pacifique", a poursuivi Emmanuel Macron.

"C'est leur droit, c'est leur propre souveraineté […]. Mais nous serions naïfs, et même, nous commettrions une terrible erreur, à ne pas vouloir en tirer toutes les conséquences et le constater pour nous-mêmes", a-t-il estimé. "C'est avec le même pragmatisme et la même lucidité pour notre indépendance que nous devons, en tant qu'Européens, prendre notre part dans notre propre protection".

Anne Saurat-Dubois et Jérémy Bruno