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La Grèce prête à acheter deux cyber-frégates françaises armées de missiles de croisière longue portée

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- - Naval Group

La Grèce envisage d'acheter à la France deux frégates de défense et d'intervention (FDI), futurs bâtiments de taille intermédiaire sur lesquels Paris fonde de grands espoirs à l'export, ont indiqué les deux parties. Pour finaliser ce contrat, ces navires devront être équipés de missiles de croisière navals (MdCN).

Le ministre grec de la Défense Nikos Panagiotopoulos a signé une lettre d'intention pour l'achat de deux frégates de défense et d'intervention (FDI) françaises de toute dernière génération. Le montant du contrat n'a pas été dévoilé précisément, pas plus que la date de livraison. Pour la France, qui en a commandé cinq livrables d'ici 2030, ce programme a été estimé à 3,8 milliards d'euros, soit 760 milions d'euros par navire, coûts de développement compris.

La signature de cette lettre d'intention a été annoncée par Florence Parly sur Twitter. Dans ce message, la ministre des Armées rappelait que la Marine Nationale recevra les deux premières cyber frégates dès 2023. Ce terme de cyber frégate s'explique par la présence à bord d'un datacenter pour traiter les données recueillies par le radar numérique Sea Fire de Thales. 

La Grèce veut des missiles très longue portée

Construite par Naval Group, en collaboration avec Thales et le fabricant européen de missiles MBDA, la FDI, appelée Belharra pour l'exportation, affiche un tonnage de 4200 tonnes. Ces bâtiments sont la taille intermédiaire entre les corvettes GoWind (2500 tonnes) et les Frégates multimissions (FREMM, 6000 tonnes), acquises à huit exemplaires par la France.

Dotée de capacités de lutte antinavire, antiaérienne, anti-sous-marine et de projection de forces spéciales, les FDI sont adaptables selon les missions. C'est d'ailleurs le point à préciser par la Grèce pour finaliser la commande. "Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir jusqu'à ce que les deux parties s'accordent sur les caractéristiques techniques du navire, conformément aux exigences de notre marine", a indiqué sur Facebook le ministre grec de la Défense.

Selon la presse grecque, Athènes souhaiterait armer ses Belharra de missiles de croisière navals (MdCN) qui équipent les FREMM de la marine française. Développés par MDBA, ces missiles peuvent atteindre des cibles distantes à environ 1000 km à une vitesse proche de Mach1. Ils sont capables de neutraliser depuis la mer des cibles stratégiques situées loin dans les terres sans engager l’aviation. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et désormais la Chine sont les seuls à disposer d'armes équivalentes.

Une adaptation est à prévoir puisque les FDI sont conçues pour accueillir 16 missiles surface-air Aster 15 et Aster 30. Ces armes permettent d'intercepter à 360° les avions, drones, missiles de croisières jusqu'à plus de 120 km et une altitude maximum de 20 km. Selon l'AFP, une source proche du dossier avait évoqué la cible d'une trentaine de ventes de ces frégates à des marines étrangères.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco