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Implantations d'usines: "On ne va pas opposer écologie et industrie" (Guillaume Kasbarian, LREM)

Guillaume Kasbarian, député LREM d’Eure-et-Loir et auteur du rapport "5 chantiers pour simplifier et accélérer les installations industrielles", souligne le poids des contraintes environnementales auxquelles font face les industriels lorsqu'ils veulent implanter une nouvelle usine.

Guillaume Kasbarian, député LREM d’Eure-et-Loir, était l'invité de l'émission 12H L'heure H sur BFM Business. Auteur du rapport "5 chantiers pour simplifier et accélérer les installations industrielles", qui vise à faciliter l'implantation d'usines en France en réduisant les formalités administratives, il a notamment évoqué les contraintes environnementales auxquelles font face les industriels lorsqu'ils veulent construire une nouvelle usine.

"On ne va pas baisser nos exigences environnementales, on ne va pas opposer écologie et industrie, on ne va pas arrêter de protéger la biodiversité. En revanche on peut faire plein de choses, comme l'ont fait d'ailleurs la Suède et l'Allemagne, pour accélérer, pour transformer, pour fluidifier l'expérience client et faire en sorte que cette procédure administrative se passe le mieux possible", explique le député LREM, qui veut "mieux sécuriser les porteurs de projets face aux aléas de la réglementation qui peut changer en cours de route".

Guillaume Kasbarian, dans les témoignages recueillis pour l'écriture de son rapport, évoque le cas d'un industriel à Toulouse qui a été freiné dans la mise en œuvre de son projet en raison de la présence de scarabées protégés sur les lieux, mais aussi d'autres cas avec des papillons ou des chauve-souris. "Ce que nous disent les industriels, ce n'est pas qu'ils ont un problème avec l'environnement ou l'écologie, c'est que ça peut se faire de façon administrative beaucoup plus simple (…)", observe-t-il.

"Changer les mentalités"

Avec les chauve-souris, "on a eu un industriel qui a fait son étude, et un mois plus tard l'administration lui a dit 'il faut la refaire, parce qu'elle n'a pas été faite à la bonne heure, sauf que, comme vous avez passé le délai, il faut le faire en avril prochain'. Et là il dit 'mais vous n'auriez pas pu me le dire plus tôt? Vous n'auriez pas pu me le dire le jour J, comme ça je refais mon étude et on essaie de gagner onze mois sur la procédure?'", rapporte Guillaume Kasbarian.

"C'est ça que j'essaie de faire dans le rapport. Ce n'est pas de révolutionner l'ambition environnementale parce qu'elle est juste et elle est nécessaire, mais c'est changer les mentalités. C'est exactement un des axes de recommandation, c'est créer une culture de l'accompagnement, se mettre à la place de l'industriel, vivre ce parcours-là et le rendre le plus fluide possible", souligne-t-il.

J. B.