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Il y a trente ans, Figeac Aero faisait le pari (réussi) de l'externalisation aéronautique

Il a reçu l'award de l'entrepreneur de l'année lors des BFM Awards jeudi 7 novembre. Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aero, était invité dans Good Morning Business ce vendredi. L'occasion pour lui de revenir sur ce qui a fait la force de son entreprise mais également sur les défis qu'elle se doit de relever.

Son parcours ressemble à s'y méprendre à une success story... Il y a trente ans, Jean-Claude Maillard décide de quitter son poste de salarié pour créer sa propre entreprise avec 18.000 euros en poche. Forte de ses acquisitions opérées au fil des ans et du secteur porteur dans lequel elle s'inscrit – celui de l'aéronautique – son entreprise, Figeac Aero, enregistre depuis une croissance moyenne annuelle de 23%.

"Ce n'était pas une folie", assure Jean-Claude Maillard. "L'aéronautique a toujours suivi l'automobile. Voyez je passe après Carlos Tavares. C'est historique maintenant. Et l'automobile dans les années 50 a externalisé la fabrication des pièces qui composent l'automobile. Et l'aéronautique a fait la même chose que l'automobile trente ou quarante ans après".

Pourtant, poursuit-il, "quand à l'époque, relativement jeune ingénieur, je suis allé voir la Chambre de commerce et que je leur ai expliqué que je m'installais à Figeac (Lot) pour créer une entreprise de sous-traitance aéronautique, tout le monde m'a déconseillé de faire cela, parce que le marché, l'aéronautique c'est cyclique, etc. Mais moi j'avais misé à l'époque sur le fait que les donneurs d'ordre allaient, petit à petit, externaliser de plus en plus de fabrications", se souvient-il.

Les bons comptes de l'externalisation

Une intuition qui a donc porté ses fruits. Aujourd'hui, Figeac Aero c'est 430 millions de chiffre d'affaires annuel, 3.600 employés, 300 machines, 50% des investissements réalisés à l'étranger et une croissance de 13,6% enregistrée l'an passé.

"C'est pas mal", concède son PDG. Pour expliquer cette réussite, Jean-Claude Maillard invoque deux éléments.

"Figeac Aero a profité de la conjonction de deux choses. De la croissance du marché aéronautique de l'ordre de 4% par an depuis la création de Figeac Aero. Et ensuite l'externalisation de la fabrication pas que par Airbus, par les sous-ensembliers d'Airbus (...) les équipementiers d'Airbus comme Safran. Donc tous ont, petit à petit, externalisé. Et on est encore en relai de croissance aujourd'hui parce que cette externalisation n'est pas terminée (…) La sous-traitance aujourd'hui fabrique 80% de l'avion".

La fin des trente glorieuses?

Jean-Claude Maillard l'admet cependant… Ajourd'hui, la croissance de son groupe commence à s'essouffler. "Elle ne sera plus à deux chiffres dans les années à venir parce que la croissance du secteur aéronautique reste de l'ordre de 4%. On va continuer à surperformer la croissance du marché. Donc on aura une croissance supérieure au marché".

La faute, pointe le patron de Figeac Aero, au manque de nouveaux programmes aéronautiques, "Boeing a des difficultés et Airbus + Boeing pèsent plus de 70% de notre chiffre d'affaires. Donc quand vous avez une part aussi importante de votre clientèle qui a peu de croissance, c'est difficile de retrouver les 20% de croissance que nous avons toujours eu (…) Mais cela nous fait beaucoup de bien !", assure le PDG.

Pour quelle raison? "Parce que ça nous oblige à nous concentrer sur la performance financière et c'est très bon pour l'entreprise, c'est bon pour les actionnaires". En investissant moins, les free cash flow (flux de trésorerie disponible) de Figeac Aero se révèlent désormais "positifs", poursuit Jean-Claude Maillard.

Un cap d'une croissance plus faible mais visiblement plus solide que le patron de Figeac Aero envisage de continuer à suivre dans les années à venir.

JCH