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Ces entreprises françaises dont dépend la biodiversité

La production d'huile de palme en Indonésie pose des problèmes de déforestation.

La production d'huile de palme en Indonésie pose des problèmes de déforestation. - AFP- Hector Retamal

"WWF publie une liste de 500 entreprises, dont 25 françaises, dont les choix peuvent permettre de lutter efficacement contre la déforestation et la surpêche. Parmi elles: Total, Casino, ou encore Eiffage."

Parce que les choix des grands acteurs économiques pèsent sur la biodiversité, l’association WWF incite les entreprises à mieux prendre en compte l’environnement. Pour alerter l’opinion publique, l’ONG a publié mercredi 20 avril une liste des entreprises qui achètent le plus de matières premières agricoles dont la consommation excessive met en péril la diversité des espèces vivantes. Parmi 500 entreprises ayant le plus d'impact dans des zones à la biodiversité exceptionnelle (Amazonie, Bassin du Congo, Borneo, Grand Mekong, Afrique de l'Est côtière, etc.), 25 groupes sont français.

Dans le domaine de la grande distribution, WWF épingle Carrefour, Auchan, Casino, Leclerc, Les Mousquetaires, Système U. Sont aussi citées Sodexo et Elior pour la restauration collective, Danone, Lactalis, Savencia, Avril, Tereos pour l'agro-alimentaire; Eiffage, Bouygues, Saint-Gobain, Vinci pour la construction, ou encore Michelin qui achète le latex produit par les arbres amazoniens, les hévéas.

"Des acteurs clés"

Les matières agricoles prises en compte sont le bois, la pâte à papier, le soja, l'huile de palme, le boeuf, les crevettes, le thon, le poisson blanc, les produits laitiers, la canne à sucre, le coton, le saumon d'élevage, l'hévéa. En revanche, ce référencement ne prend en compte que l’impact sur la biodiversité, et non l'impact sur le climat, relevant de l’énergétique, ni sur les ressources en eau. 

"Ces entreprises ont été identifiées car leur chiffre d’affaires lié à l’achat, la vente ou la transformation de matières premières renouvelables (commodités agricoles) en font des acteurs clés des chaînes de valeur mondialisées", considère l’ONG.

Elle prend les exemples de Total, qui "achète chaque année au moins 50.000 tonnes d’huile de palme", Saint-Gobain qui "enregistre 14 millions d’euros d’achat de bois" et Système U qui "compte 20.000 tonnes de soja par an dans ses achats destinés aux aliments en marque propre".

Production durable

L’objectif de cette campagne de communication est d’inciter les entreprises à se tourner vers des fournisseurs reconnus comme vertueux grâce à des labels certifiant des modes de production durable. "Si les entreprises leaders dans leur secteur ne bougent pas, rien ne changera en matière de lutte contre la déforestation et la surpêche notamment", argumente Pascal Canfin, directeur général de WWF France.

Certains groupes français s’y sont déjà mis. Carrefour, par exemple, commercialise 50 produits sous sa marque, qui sont certifiés par le label de pêche durable Marine stewardship council. La vente d'une dizaine d'espèces sensibles a par ailleurs été suspendue. Le premier fabricant français de pneus s’y intéresse aussi: "Avec Michelin, nous allons établir des règles pour définir un caoutchouc durable", annonce Marie-Christine Korniloff, responsable des relations avec les entreprises pour WWF France.

Ces choix d’approvisionnement peuvent d’ailleurs devenir des arguments marketing, comme le fait Carrefour, face à une frange grandissante de consommateurs sensibles aux questions environnementales.

Adeline Raynal avec AFP