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Carlos Ghosn bientôt remis en liberté?

Un tribunal de Tokyo a rejeté jeudi une nouvelle demande d'extension de garde à vue de Carlos Ghosn. Selon les médias le PDG de Renault et de l'Alliance Renault-Nissan pourrait être libéré dès vendredi sous caution.

Carlos Ghosn pourrait passer les fêtes de fin d'année en famille. Un tribunal japonais a annoncé avoir rejeté une nouvelle demande d'extension de garde à vue. Il avait été arrêté et placé en garde à vue le 19 novembre, à l'instar de son bras droit Greg Kelly.

Selon la chaîne publique NHK, il pourrait être relâché dès vendredi en échange du paiement d'une caution, dans l'attente de son procès. Le bureau des procureurs de Tokyo devrait cependant contester la décision du tribunal, a rapporté l'agence de presse Jiji. "Nous allons procéder de manière appropriée", a simplement commenté le procureur adjoint Shin Kukimoto, lors d'une conférence de presse.

Le parquet a visiblement été pris de court par le rejet humiliant de sa demande d'extension de la garde à vue de Carlos Ghosn jusqu'au 30 décembre. Il est en effet très rare au Japon qu'un tribunal s'oppose à ce type de décision. "Nous avions requis une prolongation parce que nous la jugions nécessaire. Cela aura un impact mais nous allons faire de notre mieux", a souligné Shin Kumimoto.

Pas encore de demande de libération déposée

"Le tribunal a sans doute jugé que l'on pouvait d'ores et déjà trancher sur le fait de l'inculper ou non sur le deuxième motif sans nécessité de prolonger la garde à vue", a commenté auprès de l'AFP l'avocat Yasuyuki Takai, ancien membre de l'unité spéciale du bureau des procureurs de Tokyo, instance qui mène l'enquête sur le puissant patron d'industrie. "De plus, il est possible qu'il soit arrêté pour un troisième motif, on n'en sait rien", a-t-il ajouté.

Même si la garde à vue de Carlos Ghosn prend donc fin ce jeudi, il reste encore en détention sur le premier motif d'inculpation. Mais les avocats du magnat de l'automobile peuvent déposer une demande de libération sous caution, ce qu'ils "n'ont pas encore fait à ma connaissance, à ce moment précis", a indiqué le procureur adjoint.

Le dirigeant de 64 ans a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été inculpé.

La garde à vue des deux hommes avait été prolongée sur de nouveaux soupçons de minoration de ses émoluments, cette fois entre 2015 et 2018, pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d'euros).

Nissan est également poursuivi en tant qu'entité morale, le parquet jugeant que la responsabilité de l'entreprise est aussi engagée car c'est elle qui a remis les rapports incriminés aux autorités boursières.

C'est une enquête interne menée au sein du constructeur japonais qui a mené à l'arrestation de Carlos Ghosn, limogé dans la foulée de la présidence du conseil d'administration. Il a aussi été démis de celle de Mitsubishi Motors, tandis que Renault l'a maintenu à son poste.

C.C. avec AFP