BFM Business
Energie

Tensions dans les stations-services: une amélioration à venir "dans 2 à 3 jours"

Dans la foulée de la présentation du plan de sobriété du gouvernement, la ministre de la Transition énergétique était l'invité de l'émission Calvi 3D. Elle en a notamment profité pour rassurer les automobilistes au sujet des stations-services en rupture de carburant.

Invitée sur le plateau de Calvi 3D après la présentation du plan de sobriété, la ministre de la Transition énergétique est d'abord revenu sur la situation critique d'un certain nombre de stations-essence dans l'Hexagone. Alors que 15% des sites sont touchés par des ruptures de carburant, Agnès Pannier-Runacher a voulu se montrer rassurante:

C’est une situation qui est conjoncturelle. Nous sommes en train de demander aux pétroliers de renforcer et d’acheminer des approvisionnements supplémentaires depuis la Belgique et Rouen par bateau. Que chacun fasse son plein normalement, il n’y a pas besoin d’organiser des réserves".

"Nous sommes en train d’améliorer la situation, cela va prendre deux ou trois jours."

Deux phénomènes sont à l'origine de cette indisponibilité provisoire de carburant: la ristourne de TotalEnergies qui a entraîné une ruée des automobilistes sur ses sites et plus récemment un vaste mouvement de grève dans les raffineries du géant pétrolier mais aussi dans celles du groupe Esso. A ce titre, la ministre de la Transition énergétique a inviter les différentes partie prenantes à "trouver rapidement une solution qui permette aux Français qui souffrent de ces problèmes de retrouver des conditions de travail saines."

Une situation critique dans les Hauts-de-France et le Grand-Est

A la mi-journée, le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) Energies et Mobilités Oliver Gantois était l'invité du Dej'Info pour aussi évoquer la situation de rupture qui touche plusieurs stations-essence sur tout le territoire français. Les régions ne sont pas toute exposées au même degré à ces problèmes:

Ce sont d’abord les Hauts-de-France, ensuite le Grand Est qui a eu en plus une situation particulière, explique Olivier Gantois. Tout à coup, les eaux du Rhin n’étaient pas suffisantes pour que les barges qui approvisionnent le carburant dans une partie de l’Est de la France puissent le faire. Maintenant le Rhin est revenu à son niveau normal. Il y a donc plusieurs facteurs qui font que la situation devrait s’améliorer."

Des transferts inter-régions

Cette différence de traitement a incité les acteurs du secteur à adopter une stratégie spécifique consistant à "rebasculer certains approvisionnements d’une région à l’autre pour alimenter les régions qui sont les plus touchées par ces difficultés d’approvisionnement." Ces transferts inter-régions s'ajoute aux mesures plus larges de recours aux importations de carburant supplémentaire afin de compenser la baisse de production des raffineries.

Il a fallu quelques jours pour que ces décisions d’importations se traduisent par du produit qui arrive jusqu’à chaque station-service. On est encore dans une phase dans laquelle on n’a pas encore le bénéfice de ces décisions d’importations supplémentaires."

A l'instar de la ministre, le président de l'UFIP a aussi promis une amélioration imminente : "Certaines stations qui sont en rupture vont être réapprovisionnées dans la journée. Pour certaines, ce sera un peu plus long, je ne peux pas vous dire lesquelles mais en tout cas, la situation sera bien meilleure d’ici quelques jours."

Par Timothée Talbi