BFM Business

Michelin veut mettre des betteraves dans ses pneus

Et si les pneux Michelin étaient bientôt fait à base de betteraves au lieu de pétrole?

Et si les pneux Michelin étaient bientôt fait à base de betteraves au lieu de pétrole? - -

Equiper une voiture de pneus à base de betteraves ou de paille : voilà le nouveau défi de Michelin. Le groupe français cherche en effet des alternatives pour la fabrication du caoutchouc à base de pétrole. Mais il faudra attendre 2020.

Et si vos pneus étaient faits en betteraves ? Michelin voudrait remplacer le caoutchouc de ses pneus, à base de pétrole, par du caoutchouc issu de la biomasse. Le groupe français s’attend à ce que la demande de pneus progresse de 4% par an dans les prochaines années, alors que les ressources nécessaires à la fabrication se font rares.

Michelin est le deuxième producteur mondial de pneus, et cherche des alternatives à la fabrication actuelle à base d’hydrocarbures. Pour le moment, le caoutchouc synthétique, présent dans tous les pneus de la marque française, est issu d’un produit résiduel du pétrole.

Une rareté due au pétrole de schiste

Mais ce produit résiduel est nettement moins présent lors du craquage d’hydrocarbures de schiste. Ainsi, avec l’essor du pétrole de schiste et la baisse de production du pétrole traditionnel, la production de butadiène, cet élément essentiel au caoutchouc synthétique, va diminuer.

Or, le butadiène peut aussi être synthétisé avec de l’éthanol, issu de végétaux. C’est dans cette direction que souhaite se tourner Michelin, en lançant de la recherche avec des betteraves, des déchets forestiers, ou encore de la paille.

14,7 millions d'euros des investissements d'avenir

Joliment baptisé "BioButterfly", le projet est développé en partenariat avec Axens, spécialiste de la pétrochimie, et l’IFPEN, organisme de recherche public dans les énergies renouvelables. L’essentiel de la recherche aura lieu au centre Michelin de Ladoux, en Auvergne.

L’objectif est de "créer une filière économiquement compétitive", explique-t-on au sein du groupe français. Mais la commercialisation des pneus, si le projet aboutit, n’aura pas lieu avant 2020, prévient le groupe.

Le projet est estimé à 52 millions d’euros sur huit ans, et va bénéficier du programme des investissements d’avenir. Sélectionné par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), BioButterfly sera financé à hauteur de 14,7 millions d’euros par les fonds publics.

A.D.