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Michelin se prépare à des jours difficiles en Europe

Michelin réalise 30% de sa croissance sur des "marchés porteurs", notamment en Asie

Michelin réalise 30% de sa croissance sur des "marchés porteurs", notamment en Asie - -

Malgré des bons résultats, encore salués par l'agence Fitch, ce lundi 25 mars, le groupe a signé un accord avec deux syndicats pour faire face à une "possible" baisse de l'activité en Europe. Il assure également "ne pas exclure" des mesures d'économies en France.

Arnaud Montebourg avait érigé le bibendum en modèle, pour épicer sa riposte adressée à Maurice Taylor, PDG de Titan. ''L'entreprise que vous dirigez est vingt fois plus petite que Michelin, notre leader technologique français à rayonnement international, et trente-cinq fois moins rentable", lançait-il en réponse à la provocante lettre de l'Américain, qui épinglait l'usine Goodyear et les syndicats français.

Il est vrai que Michelin en impose: le groupe a publié, le 12 février, des résultats impressionnants avec un bénéfice en hausse de 25%. Ce lundi 25 mars, l'agence de notation Fitch a encore souligné la vigueur actuelle du groupe, en revoyant à la hausse la note du fabricant de pneumatiques, de BBB à BBB+.

"Ce relèvement reflète la solidité du profil du groupe ainsi que sa rentabilité relativement stable et son niveau de liquidités disponibles, notamment en période de récession économique et durant la crise du secteur automobile de 2008-2009", justifie-t-elle.

Un accord de compétitivité signé avec deux syndicats

Pourtant ce lundi, la direction du groupe a annoncé avoir signé un accord de compétitivité avec deux syndicats, la CFDT et la CFE-CGC, afin de pouvoir "gérer le plus sereinement possible les baisses d'activité", selon un porte-parole du groupe interrogé par l'AFP.

Concrètement, cet accord valable pour trois ans prévoit que les salariés puissent ne pas travailler pendant 15 jours ouvrés en cas de baisse d'activité, tout en gardant l'intégralité de leur salaire.

Une fois que l'activité aura redémarré, les salariés devront compenser les jours chômés à hauteur de 75%. Ce qui signifie que pour quatre jours non travaillés, l'employé devra "rendre" trois jours dans les quatre années à venir. Cet accord doit toutefois encore être approuvé par les sites concernés pour entrer en vigueur.

Surcapacités en Europe

La direction de Michelin l'explique clairement: le groupe est déjà en surcapacité. "Nous utilisons actuellement 75% de nos capacités sur l'activité tourisme en Europe et 60% sur le poids lourd, la situation est pire que lors de la crise de 2008-2009", a détaillé Florent Menegaux, directeur général de la division pneus tourisme, aux Echos de ce lundi 25 mars. Du coup Florent Menegaux a indiqué "ne pas exclure" des mesures d'économies pour ses sites français, sans toutefois faire mention de l'accord de compétitivité.

Le groupe cherche également à devenir moins dépendant du marché européen. Sur BFM Business, le 12 février dernier, le président de la gérance du groupe, Jean-Dominique Senard, rappelait ainsi que 30% des ventes se sont effectués, en 2012, sur des marchés à forte croissance, citant la Chine et la Thaïlande.

Julien Marion