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Les syndicats dénoncent le coûteux changement de nom d'ERDF

Filiale à 100 % d’EDF, ERDF change de nom et de marque, à la demande du régulateur de l'énergie.

Filiale à 100 % d’EDF, ERDF change de nom et de marque, à la demande du régulateur de l'énergie. - Eric Piermont-AFP

"Contrainte de changer de nom, ERDF va être rebaptiser Enedis. Selon la CGT et FO il en coûtera 300 millions d'euros. L'entreprise publique dément et assure que la facture totale est dix fois moins élevée."

ERDF devait changer de nom et elle va finalement s'appeler Enedis. C'est la CGT qui a dévoilé l'information, la veille du jour auquel la filiale d'EDF souhaitait le faire. Ce changement de marque intervient alors que l'entreprise est lancée dans un chantier de longue haleine. Pendant six ans, ses agents (et leurs sous-traitants) vont aller sur le terrain changer les 35 millions de compteurs existants par des modèles communicants, les "fameux" Linky.

La filiale d'EDF avait déjà modifié son logo en juin 2015 pour répondre à une exigence de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui estimait qu'avec un sigle et une prononciation trop proches, les deux entreprises entretenaient une confusion dans l'esprit des consommateurs sur le marché. Mais le régulateur avait estimé que les évolutions présentées alors par ERDF étaient insuffisantes pour écarter tout risque de confusion.

Pour le régulateur, ERDF, investi d'une mission de service public de distribution du courant, avait un nom trop proche d'EDF qui est en concurrence avec les autres fournisseurs d’électricité (Engie, Direct Energie…), arrivés sur le marché depuis la libération du marché de l’électricité. 

Une facture de 300 millions d'euros?

Changer de marque et de nom pour une entreprise de 39.000 salariés comme ERDF n'est pas une mince affaire. Et le coût global de cette opération fait déjà l'objet d'une polémique interne. Pour la fédération CGT-Mines-Energie, ce changement de nom va "coûter la bagatelle de 300 millions d'euros, alors que quelques mois auparavant, l'entreprise avait déjà dépensé dans les 30 millions pour changer le logo". Un chiffre déjà évoqué par FO en janvier 2016.

Mais l'entreprise publique a démenti le montant avancé par les deux syndicats, parlant d'un coût de "20 à 25 millions d'euros" à la fois pour le changement de nom et le nouveau logo qui s'ensuit.

Pour la fédération nationale des mines et de l'énergie-CGT, l'argent ainsi dépensé aurait pu "servir à ne pas augmenter les factures, à combattre la précarité énergétique (11 millions de Français dans cette situation aujourd'hui), à investir dans l'appareil industriel, à créer des emplois et augmenter les salaires".

Frédéric Bergé