BFM Business

Le Japon recule sur les gaz à effet de serre

Le Japon a de grands besoins en énergie, et l'arrêt du nucléaire force le pays à trouver des alternatives.

Le Japon a de grands besoins en énergie, et l'arrêt du nucléaire force le pays à trouver des alternatives. - -

Tokyo a décidé de limiter ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, après l’arrêt des centrales nucléaires du pays. L’annonce est de mauvais augures alors que les pays sont réunis à Varsovie pour une conférence climatique.

Le Japon tourne le dos à au protocole de Kyoto. Le gouvernement a décidé de réduire ses objectifs sur les gaz à effet de serre, jugés irréalistes depuis l’arrêt des centrales nucléaires.

A l’origine, le Japon devait réduire ses émissions de gaz carbonique de 25% entre 1990 et 2020, un but loué par la communauté internationale. "Nous avons choisi d’abandonner cet objectif et de viser une réduction de 3,8% entre 2005 et 2020", a finalement annoncé le porte-parole du gouvernement, ce vendredi 15 novembre.

Un redémarrage rapide du nucléaire?

Ce nouvel objectif tient compte d’un arrêt complet des 54 réacteurs nucléaires du pays, décidé après l’accident de Fukushima, qui se poursuivrait jusqu’en 2020. Le nucléaire, faible émetteur de gaz à effet de serre, a dû être remplacé par d’autres sources d’énergies comme le charbon, plus polluant.

Mais le gouvernement de Shinzo Abe souhaite un redémarrage des centrales nucléaires rapidement, ce qui pourrait amener à une deuxième révision de cet objectif. Le Japon doit pour le moment importer une grande partie de son énergie, et la facture électrique des ménages a grimpé de près de 10% sur un an.

Cette réduction de l’objectif devrait être confirmée par le représentant japonais à la conférence climatique de Varsovie, la semaine prochaine. L’annonce risque de provoquer de vives réactions alors que plus de 190 pays sont réunis pour trouver un accord sur les émissions de gaz à effet de serre.

L’organisation environnementale WWF a déjà exprimé ses craintes d’"un impact dévastateur sur les discussions à Varsovie".

A.D. avec AFP