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Conférence climatique: des désaccords insurmontables?

Comment réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en conciliant les différences de chaque pays?

Comment réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en conciliant les différences de chaque pays? - -

La conférence onusienne sur le climat s’ouvre ce lundi 11 novembre à Varsovie. Les pays participants doivent trouver un terrain pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Un défi pas facile à relever, tant la situation énergétique des pays est différente.

Plus de 190 pays sont réunis à Varsovie, ce lundi 11 novembre, pour discuter du changement climatique. Objectif: trouver un compromis entre croissance et environnement. Mais face aux habitudes de chacun et aux grandes différences énergétiques entre les pays, il semble difficile de trouver un compromis satisfaisant pour tous. Tour d'horizon de cinq cas emblématiques.

> Aux Etats-Unis, le gaz et le pétrole

Le boom du gaz et pétrole de schiste américain a fait grand bruit. Grâce à leur exploitation de ces sources d’énergie non-conventionnelle, les Américains ont retrouvé leur position de force comme exportateur. Entre 2007 et 2012, l’écart entre les importations et les exportations a ainsi été divisé par cinq.

L’agence internationale de l’énergie prévoit que les Etats-Unis deviendront le premier pays producteur de pétrole et de gaz en 2017, devant la Russie et l’Arabie Saoudite. En conséquence, les secteurs du nucléaire et des énergies renouvelables ont vu leurs investissements diminuer, les énergies fossiles non-conventionnelles étant devenues bien plus rentables.

> En Chine, le charbon et l'hydroélectrique

Premier consommateur et producteur d’énergie au monde, la Chine compte beaucoup sur ses centrales à charbon et ses barrages. En 2011, 80% de l’électricité chinoise provenait de centrales thermiques, fonctionnant essentiellement au charbon et sources d’une importante pollution, et 15% de centrales hydrauliques.

La Chine possède notamment le barrage des Trois-Gorges, le plus grand du monde. A lui seul, ce barrage produit 84.700 gigawattheures par an, l’équivalent de près de 10% de la consommation chinoise. Et le développement de l’hydroélectrique pourrait bien se poursuive, car à peine plus d’un tiers de la capacité des fleuves chinois est exploitée.

> Au Brésil, l'hydroélectrique

En 2013, l’hydroélectrique représentait plus de deux tiers de l’énergie produite au Brésil. Selon les statistiques du gouvernement, le pays compte 1.085 centrales hydroélectriques. Le deuxième plus grand barrage au monde est d’ailleurs celui d’Itaipu, installé sur le Rio Paraná, et opéré conjointement par le Brésil et la Paraguay.

La deuxième source d’énergie au Brésil est le gaz, qui représente un peu plus de 10% de la consommation dans le pays. Le principal problème ne réside donc pas dans la production d’énergie propre, mais dans son acheminement. Malgré d’importantes ressources, le pays connaît des pannes géantes assez fréquemment, car les infrastructures de transport sont peu développées et vétustes.

> En France, le nucléaire

La France peine à adopter un projet contraignant sur la transition énergétique. Prévues pour cette année, les conclusions du débat national ne seront rendues qu’en 2014. Fin septembre, François Hollande a toutefois promis 20 milliards d’euros pour les investissements dans la transition énergétique.

Près de trois quart de l’électricité française provient du nucléaire, selon le bilan 2012 de RTE. Les sources d’énergies renouvelables ne représentent qu’un peu plus de 16% du mix énergétique, le gaz près de 5% et le charbon à peine plus de 3%.

> En Allemagne, le charbon et les renouvelables

En Allemagne, l’énergie sera l’un des grands chantiers pour la future coalition. La principale source d’énergie outre-Rhin est le charbon, qui bénéficie d’un faible coût. Les pépites noires produisent presque la moitié de l’électricité consommée.

Le recours au charbon, via près de 130 centrales thermiques, ne devrait être que transitoire, le temps du développement des énergies vertes. Mais ces dernières n’ont plus vraiment le vent en poupe. Les ménages allemands grognent en effet contre la flambée de leurs factures, due à l’aide pour les énergies renouvelables, qui représentent plus de 20% du mix énergétique.

Audrey Dufour