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Le dernier défi de l'US Army: rouler "propre"

Pour compléter ses véhicules, l'armée américaine souhaite se tourner vers des motorisations plus propres (image d'illustration)

Pour compléter ses véhicules, l'armée américaine souhaite se tourner vers des motorisations plus propres (image d'illustration) - Radek Mica - AFP

Le ministère de la Défense américain a chargé le constructeur General Motors de concevoir et produire pour ses besoins un 4x4 spécifique fonctionnant à l’hydrogène.

Le Pentagone se met au vert. Ou plutôt cherche à s’affranchir de sa dépendance à l’essence sur les champs de bataille. En ce sens, un contrat de collaboration a été passé par le Tardec (un département de l’US Army chargé du développement de ses véhicules) et General Motors. Selon un porte-parole de l’organisme, cité par l'AFP, il s’agit "d’un contrat sur plusieurs années actant la fabrication d’un véhicule de reconnaissance équipé d’une pile à combustible". De son côté, le géant de Detroit s’est contenté de reconnaître qu’il partageait actuellement deux de ses sites avec l’armée américaine en vue du développement de la technologie à hydrogène.

Si aucune date concernant un début de production ou de livraison du véhicule n’a filtré, selon une source proche du dossier, GM et le Tardec sont actuellement en pleine phase de conception et de design. Un engin vraisemblablement basé sur la prochaine génération du Chevrolet Coloradosymbolisée par le concept "ZR2", ci-dessous.

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- © Chevrolet

Commercialisé sur le marché local, ce pick-up revu pour les besoins de l’armée recevrait cependant une pile à combustible différente de celle développée par GM en partenariat avec le japonais Honda. Les deux groupes travaillant à une motorisation n’émettant que de la vapeur d’eau pouvant être produite à moindre coût et en masse.

L'armée ne retient que les atouts de l'hydrogène

Interrogé par l'AFP sur le choix quelque peu surprenant d'un tel type de carburant au sein du parc motorisé de l'armée, un haut gradé américain se limite à en énumérer les aspects positifs et... militaires. "Le véhicule à hydrogène étant silencieux, cela est une aide pour un grand nombre de nos missions spécifiques". Comprendre par là que les véhicules fuel-cell sont donc plus difficilement détectables par l'ennemi.

Mieux, pour certaines tâches, les soldats pourraient se passer des générateurs diesel et se rabattre sur cette énergie qui dispose d'une forte puissance électrique, capable notamment d'alimenter divers appareils de transmission et de communication sur le terrain. 

Des raisons suffisantes pour passer outre les effets négatifs qu'une telle flotte de véhicules engendre au quotidien. Au rang desquels se trouvent en plus des coûts d'acquisition et de maintenance plus élevés (liés à la formation des mécaniciens), de nombreuses difficultés d'ordre logistique (infrastructures de recharge, systèmes de stockage de l'hydrogène, sécurité...).

Antonin Moriscot