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La Grande-Bretagne veut devenir l'eldorado du gaz de schiste

David Cameron, le Premier ministre britannique, veut accélérer le développement de l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni.

David Cameron, le Premier ministre britannique, veut accélérer le développement de l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. - -

Pour inciter les communes à accepter l'exploration controversée de gaz de schiste sur leur sol, le gouvernement Cameron promet une fiscalité avantageuse à celles qui joueront le jeu.

Le gouvernement britannique met "tout en oeuvre" pour faciliter l'exploitation du gaz de schiste. Il a annoncé, lundi 13 janvier, des avantages fiscaux pour les communes qui accueilleront des projets de d'exploitation de cette énergie.

Celles acceptant que la fracturation hydraulique, cette technique de forage controversée, soit opérée sur leur sol recevront la totalité de la taxe professionnelle collectée au lieu des traditionnels 50%, a indiqué le Premier ministre, David Cameron. Une manne de 2 millions supplémentaires par an pour chaque site exploré, selon des sources gouvernementales.

Pour les écologistes britanniques, le gouvernement tente de "corrompre" les autorités locales avec ces recettes fiscales supplémentaires. En Grande-Bretagne, l'opinion publique n'est pas moins hostile à la fracturation hydraulique, la technique utilisée pour exploiter le gaz de schiste, qu'en France, où elle est interdite. Les manifestations contre les projets se multiplient outre-Manche, et les maires qui acceptent les projets risquent de se mettre à dos leurs administrés.

Des réserves impossibles à évaluer

D'où la décision de Londres, pour qui cette industrie est "synonyme de plus d'emplois, de plus d'opportunités et de sécurité économique pour notre pays", martèle David Cameron.

C'est un deuxième cadeau fiscal, après celui annoncé en juillet, à destination des entreprises cette fois: l'imposition sur les revenus de l'exploitation de ce gaz non-conventionnel sera de 30%, au lieu du taux de 62% imposé aux exploitants d'hydrocarbures en mer du Nord.

Lundi 13 janvier également, Total annonçait sa participation majoritaire dans un projet d'exploration de gaz de schiste dans les East Midlands. Dans un champ relativement petit, de 250 kilomètres carrés, mais qui permet au Français de se placer sur un marché amené à se développer.

Selon le British Geological Survey, les réserves du pays sont certes moindres que celles de la France et de la Pologne, mais néanmoins substantielles. Mais peu de forages exploratoires ont été réalisés pour le moment. Donc rien ne permet d'évaluer le volume des réserves réellement exploitables.

N.G. et AFP