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Gaz de schiste: le "oui mais" de l'Académie des sciences

L'Académie des sciences souhaite développer la recherche sur les gaz de schiste, contre l'avis du gouvernement.

L'Académie des sciences souhaite développer la recherche sur les gaz de schiste, contre l'avis du gouvernement. - -

L’institution souhaite des explorations pour connaître les réserves françaises ainsi que la création d’une autorité indépendante. L’avis qu'elle vient de rendre, bien que favorable aux gaz de schiste, reste prudent sur les conséquences environnementales.

"Dans le contexte actuel de transition énergétique, la question des gaz de schiste mérite d'être examinée". Avec cette phrase, l’Académie des sciences relance un dossier explosif. Le 11 octobre dernier, le Conseil constitutionnel avait pourtant interdit la fracturation hydraulique en France.

Mais les scientifiques ne partagent pas cet avis. Dans un dossier paru jeudi 21 novembre, l’Académie recommande "un effort de recherche" sur les gaz de schiste et "des expérimentations depuis l’échelle d’un échantillon jusqu’à celle d’un site". Ces expérimentations doivent se faire sans fracturation hydraulique, pour respecter la réglementation.

Le comité de scientifiques souhaite aussi la mise en place "d’une autorité scientifique, indépendante et pluridisciplinaire". Elle doit servir à dépasser les controverses politiques, pour "communiquer clairement et honnêtement sur les inconvénients et les avantages potentiels".

Le problème de l'eau et de l'étanchéité

Pour l’Académie des sciences, l’exploration des réserves de gaz de schiste "si elle est menée selon des règles précises et contrôlées, n'a pas d'impact environnemental significatif". Mais le comité reste prudent et s’inquiète notamment de la gestion de l’eau et de l’étanchéité à long terme des forages.

L’institution veut aussi développer la recherche pour améliorer la fracturation hydraulique. Selon elle, les autre méthodes "ne constituent pas une alternative utilisable en pratique". Des explorations avec fracturation hydraulique permettraient d’avoir une idée plus précise des réserves françaises en gaz de schiste.

Les principaux gisements sont situés dans le Bassin parisien et dans le sud-est du pays. Selon les estimations publiées dans l’avis, ces réserves représentent une centaine de fois la consommation annuelle française de gaz.

Audrey Dufour