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L'Europe au bord de la coupure de courant

Selon l'étude annuelle de Capgemini, seule la récession en Europe a permis au réseau électrique du continent de tenir.

Selon l'étude annuelle de Capgemini, seule la récession en Europe a permis au réseau électrique du continent de tenir. - Siphiwe Sibeko - Reuters

Sans la crise économique et son impact sur la consommation d'énergie, il y a bien longtemps que le réseau européen aurait disjoncté, affirme une étude publiée ce 28 octobre par Capgemini.

Pour éviter le black-out, l'Europe va devoir investir plus de 2.000 milliards d'euros d'ici à 2035. C'est le résultat d'une étude de Capgemini publiée ce mardi 28 octobre. Selon ses auteurs, seule la situation de récession a permis que le réseau électrique européen ne disjoncte pas. Si croissance il y avait sur le continent, les infrastructures énergétiques ne seraient pas en capacité de tenir le rythme.

Outre cette étude, que le cabinet publie chaque année à quelques semaines de l'entrée dans l'hiver, tous les énergéticiens européens alertent sur ce problème. Aujourd'hui, on paie pour produire de l'énergie, en conséquence de quoi ses prix fluctuent, jusqu'à parfois passer en négatif, c'est-à-dire ne plus couvrir les coûts de production.

Un black out dès cet hiver

De ce fait, les fermetures de capacités de production en Europe se multiplient. Plus personne n'a envie de financer les investissements considérables nécessaires pour subvenir aux besoins des Européens. Il faudrait en effet 2.000 milliards d'euros d'ici 20 ans pour assurer la sécurité énergétique de l'Union.

En attendant, les Européens restent sous la menace de la coupure de courant dès cet hiver, ou à l'hiver 2015. Et à tout le moins, le manque de production cet hiver pourrait venir saper la reprise économique, met en garde Capgemini. Le paradoxe est là: c'est la récession au sein de l'UE qui sauve pour le moment le système électrique européen.

Capgemini appelle donc à mettre en place des changements profonds et surtout rapides, car il faudra plusieurs années pour que de nouvelles installations voient le jour.

Guillaume Paul et BFMbusiness.com