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Gazprom fait monter la pression sur l’Ukraine

Le groupe russe Gazprom a lancé un avertissement clair à l'Ukraine.

Le groupe russe Gazprom a lancé un avertissement clair à l'Ukraine. - -

Gazprom réclame des impayés à l'Ukraine, qui a arrêté ses importations de gaz russe. Le pays est un point de transit important, et le conflit pourrait avoir des répercussions en Europe cet hiver, a prévenu le groupe russe ce jeudi 14 novembre.

Le message est clair. Gazprom a annoncé, ce jeudi 14 novembre, que le différend avec l’Ukraine "risque d’avoir des répercussions négatives" sur le gaz en Europe. Le groupe russe estime que le transit du gaz depuis la Russie vers l’Europe pourra connaître des perturbations cet hiver.

Ce n'est pas une première. Déjà en 2006 et 2009, l’approvisionnement de l’Europe avait été affecté par des conflits géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine.

Près de 700 millions d'euros de dettes

A l’origine, il y a une dette importante de l’Ukraine. L’opérateur ukrainien Naftogaz doit 656 millions d’euros à Gazprom, pour des livraisons cette année. Ce dernier a d’ailleurs menacé de demander des paiements d’avance. Le gouvernement ukrainien a commencé à rembourser la dette, mais seuls 20% ont été versé pour le moment.

Du coup, l’Ukraine aurait cessé toute commande de gaz russe depuis ce week-end, rapporte la presse locale. Une décision confirmée, mercredi 13 novembre, par le ministère de l’Energie: le pays n’importera plus de gaz russe d’ici à la fin de l’année.

Une pénurie en cas de grand froid?

Problème: l’Europe dépend grandement du transit du gaz russe par l’Ukraine. L’hiver dernier, Gazprom avait fourni 26% de la consommation européenne, et cette part devrait augmenter en 2013 pour atteindre un tiers.

Du coup, l’Ukraine compte piocher dans ses stocks souterrains de gaz en attendant la résolution du conflit. Mais en cas d’hiver rigoureux, la demande pourrait dépasser les stocks ukrainiens, et "personne n’a intérêt à cela", a mis en garde un responsable de Gazprom.

Bruxelles aimerait bien réduire sa dépendance au gaz russe et ouvrir les gazoducs à la concurrence. Ce jeudi 14 novembre, Gazprom a publié des résultats en hausse de 10% sur un an, grâce à la demande européenne.

A.D. avec agences