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Elon Musk joue les climatologues à la Sorbonne

Elon Musk a développé une démonstration implacable devant les étudiants de La Sorbone.

Elon Musk a développé une démonstration implacable devant les étudiants de La Sorbone. - Capture d'écran streaming La Sorbone

Le dirigeant de la marque de voiture électrique haut de gamme Tesla a donné une conférence devant les étudiants de la Sorbonne ce mercredi. Il y a exposé sa vision d'une transition énergétique réussie.

Professeur de marque ce mercredi à La Sorbonne: Elon Musk, le fondateur et dirigeant du fabricant de voitures électriques Tesla. Telle une Madona, le fantasque patron débarque sur l'estrade en s'exclamant que "Paris est l'un des endroits du monde que je préfère". En pleine COP21, le PDG de Space X n'est pourtant pas là pour donner un concert mais pour tenir une conférence sur l'écologie. Avec une démonstration implacable.

Il démarre par un constat: le cycle du carbone a été déséquilibré du fait des activités polluantes de l'ère industrielle. Ses émissions ont cru de manière exponentielle. Et pourtant, l'humanité prend son temps pour engager sa transition énergétique. Pourquoi?

"Comme si on ne payait pas pour ses ordures"

Dans un marché "sain", explique l'Américain, si un agent économique produisait un bénéfice pour la société de 10 euros, et un préjudice de 4 euros, alors son profit net devrait être amputé de ce préjudice et n'atteindre que 6 euros. "Ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui", regrette-t-il.

Nous sommes dans un marché "qui ne fonctionne pas", parce que cet agent économique, qui produit 10 euros de bénéfice pour la société et 4 euros de préjudice, touche néanmoins 10 euros de profit net. Pour une raison simple: ces 4 euros ne sont pas taxés. On ne prend pas en compte ces "externalités négatives" au sens économique du terme, c'est-à-dire l'action d'un agent économique qui a un impact négatif.

Ces dix euros sont "des profits irraisonnés, parce que le coût pour la société n'est pas financé", continue Elon Musk. "C'est comme si on ne payait pas pour être débarrassé de ses ordures ménagères", illustre-t-il. Or "on pourrait essayer de créer un monde sans ordure, mais ce serait difficile", estime le dirigeant.

"On a connu ça avec l'industrie du tabac"

La situation est d'autant plus ubuesque que, non seulement les pollueurs ne sont pas taxés, mais ils reçoivent de l'argent, continue Elon Musk. Selon ses données, le monde des énergies fossiles toucherait 5.300 milliards de dollars de subventions par an. "On doit arrêter et instaurer une taxe carbone", martèle le fondateur de la marque de voitures de luxe zéro émission. "Les règles actuelles incitent les entreprises à émettre du carbone, c'est une folie", s'est-il indigné. 

Quant aux débats sur la nocivité réelle du carbone pour l'environnement, la véracité du réchauffement climatique, il les balaie du revers de la main. "On a déjà connu ça avec l'industrie du tabac. Seuls quelques scientifiques admettaient que fumer était mauvais pour la santé."

La solution donc: stopper les subventions. "Ce n'est un enjeu ni de gauche ni de droite: il faudrait augmenter la taxe carbone, ce qui permettrait de baisser d'autres taxes pour garder des recettes équivalentes". Un processus qui pourrait être planifié sur cinq ans, ainsi "seuls les groupes qui ne prendraient aucune mesure à partir d'aujourd'hui en souffriraient en 2020".

N.G.