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COP21: où en est-on de la ratification de l'accord sur le climat?

La ratification de l'Accord de Paris sur le climat pourrait intervenir en fin d'année, au lendemain de la COP22. (image d'illustration)

La ratification de l'Accord de Paris sur le climat pourrait intervenir en fin d'année, au lendemain de la COP22. (image d'illustration) - COP21 - Flickr - Domaine Public

Huit mois après son adoption à Paris par 195 États, l'accord "historique" pour lutter contre le réchauffement climatique n'est toujours pas appliqué en raison de la lenteur du processus de ratification.

Adopté fin 2015, l'accord issu des négociations de la COP21 pourrait entrer en vigueur après la COP22 qui se déroulera à Marrakech (Maroc), au mois de novembre. Pour y parvenir, les Nations Unies imposent qu’au moins 55 États représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ratifient le texte.

L'entrée en vigueur de ce document exercera alors une pression supplémentaire sur les États pour qu'ils enclenchent individuellement une transition énergétique compatible avec l'objectif de limiter le réchauffement en deçà de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. 

Signer n'est pas ratifier 

Conclu en décembre 2015, "l'Accord de Paris sur le climat" a été formellement signé par 175 pays en avril 2016 à New York (États-Unis). Or, la signature de l'accord n'est pas suffisante pour qu'il soit appliqué. Chaque pays signataire doit désormais, selon ses propres modalités (vote au Parlement, décret, etc.) ratifier le texte puis déposer, auprès des Nations Unies, un document actant son adhésion. 

À ce stade, seuls 23 pays sont allés au bout de ce processus. Ce sont essentiellement de petits États insulaires, particulièrement exposés et sensibles aux effets du changement climatique. 

Plusieurs États sont à la traîne 

Pour que cet accord prenne effet, le respect de la règle édictée par les Nations Unies, imposant qu'au moins 55 États représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre doit être observé.

Parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, l’Union européenne (10% des émissions), l’Inde (7%) et la Russie (5%) traînent le plus des pieds pour ratifier cet accord. "L’Union européenne est divisée" déplore Célia Gautier, membre de l’ONG Réseau action climatqui pense que "l’accord entrera en vigueur avant la ratification de l’UE." 

Actuellement, les seuls pays membres de l'UE qui ont ratifié le texte sont la France et la Hongrie. Avant d’aller plus loin, certains pays veulent connaître la répartition des efforts à effectuer pour réduire de 40% d’ici 2030 les émissions de l'Union. 

Les politiques pessimistes, les écologistes confiants 

Plusieurs observateurs dont l'ex-président de COP21, Laurent Fabius, et François Hollande s'inquiètent donc de la lenteur du processus de ratification. Ce qui n'est pas le cas des organisations écologistes. Plusieurs d'entre elles se félicitent même de l'avancée du processus, rappelant que la ratification du protocole de Kyoto "a quasiment pris un décennie". 

Selon l’AFP, l’institut Climate analytics a recensé que 34 autres pays s’étaient engagés à ratifier le texte d’ici fin 2016 (Brésil, Canada, Indonésie, Japon, Iran, …). Au total, les États ayant déjà ratifié ce texte, ou s’apprêtant à le faire, représentent près de 60% des émissions d’après ce think-tank.

"Une entrée en vigueur avant la COP22 semble très difficile, mais c’est jouable avant la fin de l’année" affirme Célia Gautier

De leur côté, les experts du World ressource institute de Washington le pensent aussi.

"Nous sommes tout à fait dans les temps pour que l’accord entre en vigueur cette année" jugent Andrew Light et David Waskow.
Antonin Moriscot