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Comment EDF souhaite développer sa filiale italienne Edison

L'électricien Edison, filiale italienne d'EDF souhaite progresser davantage sur son marché intérieur. (image d'illustration)

L'électricien Edison, filiale italienne d'EDF souhaite progresser davantage sur son marché intérieur. (image d'illustration) - Frédérique Voisin-Demery - Flickr - CC

Edison met un coup d'accélérateur sur son marché national avec l'ambition de tripler le nombre de ses clients dans le gaz et l'électricité d'ici à 2018.

Troisième acteur en Italie dans la production de gaz et d’électricité, Edison, la filiale italienne d'EDF envisage de se développer davantage. "À l’aval nous ne sommes pas un acteur fort en Italie" concède auprès de l’AFP Marc Benayoun, le directeur exécutif d’EDF chargé de l’Italie et du gaz.

Ce dernier précise que l’entreprise "souhaite passer de 1,2 million de clients à 3 ou 4 millions de clients". Pour y parvenir, Edison proposera à l’avenir des "offres commerciales innovantes" dans le cadre de la libéralisation du marché de la fourniture d’énergie pour les particuliers à l’horizon 2018, mais devra également réaliser "des acquisitions". 

Racheter le portefeuille de clients d'Eni 

Edison est particulièrement intéressé par le projet d’Eni de céder tout ou partie de son portefeuille de près de 8 millions de clients en gaz et électricité en Italie. "Nous nous mettrons sur les rangs lorsqu’Eni sera prêt" affirme Marc Benayoun, précisant qu’à l’heure actuelle "les discussions n’ont pas commencé". Cette opération pourrait dépasser le milliard d’euros, aussi Edison déclare: "Nous serions prêt à ouvrir notre capital à un acteur italien pour financer cette opération" explique Marc Benayoun. 

Dans cette hypothèse, EDF garderait toutefois "la majorité" du capital d’Edison, dont il détient actuellement environ 98%. "Mais il pourrait tout à fait y avoir, à horizon de quelques années, un actionnaire avec un peu moins d’un tiers" du capital précise encore le directeur exécutif d'EDF en charge de l'Italie. 

Edison pourrait devenir le deuxième plus gros acteur de l'éolien italien

En parallèle, Edison a lancé, via l'entité E2i, une offre publique d'achat sur l'exploitant éolien Alerion, qui se clôture en fin de semaine. E2i, déjà actionnaire à 28% d'Alerion, au côté de l'italien Fri-El (environ 25%), souhaite se porter acquéreur des 40% du capital restant pour un montant compris "entre 30 et 50 millions d'euros". Edison prendrait ainsi possession d'un parc de 260 mégawatts (MW) et deviendrait, avec les 590 MW d'E2i, le deuxième acteur de l'éolien en Italie. Le groupe a également "à l'étude" un autre projet d'acquisition dans l'éolien.

Edison veut porter à 40% la part des énergies renouvelables dans son parc de production, contre 25 à 30% aujourd'hui. Il a présenté 160 MW de projets à un appel d'offres en cours dans le pays. Enfin, l'entreprise souhaite développer ses positions en amont dans le gaz, via des investissements dans des infrastructures, comme un second terminal de gaz naturel liquéfié et les projets de gazoduc reliant la Turquie à l'Italie via la Grèce.

Céder une partie des actifs liés aux hydrocarbures 

Marc Benayoun indique également vouloir céder une partie des actifs de l'entreprise dans l'exploration-production d'hydrocarbures, excepté en Egypte. Pour rappel, Edison détient des positions en Norvège, Grande-Bretagne et en Méditerranée. Étant donné le contexte de prix du pétrole bas, Edison va dans un premier temps réduire sa participation dans les actifs qu'il souhaite céder. 

Déficitaire, Edison estime qu'un retour à l'équilibre "n'est pas hors de portée" en 2018. Acquis en 2012 par EDF, Edison représente 15,6% du chiffre d'affaires de l'électricien français.

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A.M. avec AFP