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Achat d'énergie renouvelable: EDF a désormais un vrai concurrent 

(image d'illustration)

(image d'illustration) - Jean-Pierre Clatot - AFP

Les producteurs d'énergie renouvelable peuvent désormais vendre à Enercoop leur production d'électricité tout en continuant à bénéficier des tarifs d'achat garantis.

Petite révolution dans le secteur des énergies renouvelables. Adopté à l’été 2015, la loi de transition énergétique (dite "loi Royal") prévoyait l’ouverture des mécanismes de soutien des énergies renouvelables à de nouveaux acteurs. La parution d’un décret le 29 septembre au Journal officiel acte cette possibilité et met fin au quasi monopole dont bénéficie l’opérateur historique EDF en autorisant le fournisseur alternatif Enercoop à s'occuper de la gestion des contrats d'achat d'électricité renouvelable. 

Jusqu'à présent, et à condition que l'intégralité de la production soit cédée à EDF, tout projet de développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse…), porté par un particulier ou une entreprise, bénéficie pendant ses premières années de fonctionnement (10, 15 ou 20 ans) de tarifs d’achat garantis. Avec ce nouvel arrêté, les propriétaires ou futurs propriétaires d'installations ont désormais le choix de l'opérateur à qui ils souhaitent céder l'énergie qu'ils produisent. Et ce sans perdre leurs avantages financiers.

Pour rappel, ce mécanisme a été pensé pour soutenir le développement des énergies propres et permettre aux propriétaires d'installations de rentabiliser leurs investissements. Son financement est assuré par l'État, via une taxe, la CSPE (Contribution au Service Public de l'Électricité) prélevée sur chaque facture d'électricité.

Ce qui va changer pour Enercoop

Avec cette autorisation accordée par l'État, Enercoop, seul énergéticien français proposant de l'électricité issue à 100% de sources renouvelables, va pouvoir multiplier ses fournisseurs. "Nous n'achetons pas notre électricité sur le marché mais directement auprès des producteurs" explique Emmanuel Soulias, le président de l'entreprise avant de précise que "l'énergie achetée provient essentiellement de centrales hydrauliques" car étant plus anciennes, ces infrastructures ne bénéficient plus des tarifs d'achat garantis. 

La coopérative entend donc diversifier son mix énergétique en y injectant de l’électricité provenant de l’éolien ou du solaire. L'agrément accordé par le ministre de l'Énergie, va "permettre de rapprocher producteurs et consommateurs d'électricité verte dans une logique de circuit court" selon l'entrepreneur. Emmanuel Soulias insiste toutefois sur le fait que la "mise en œuvre de cet arrêté va être compliqué", plusieurs freins devant être levés.

La coopérative va devoir s'imposer 

Tout d'abord, les délais administratifs jouent contre l'entreprise. Le décret autorisant Énercoop à s'occuper de la gestion des contrats est paru le 30 septembre 2016. Or, les cessions et transferts de contrat ne peuvent intervenir qu'au 1er janvier de chaque année. À condition que les demandes aient été envoyées au 1er octobre de l'année en cours.

Le fournisseur alternatif va également devoir prouver aux banques sa bonne solidité. Emmanuel Soulias en est conscient, pour décrocher des contrats, il va falloir convaincre ces établissements de faire confiance à Enercoop plutôt qu'à l'ancien opérateur historique. Enfin, la gestion des contrats d'achat d'électricité nécessite une avance de trésorerie conséquente pour le fournisseur. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV