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En Chine, Renault ne produira plus que des voitures électriques et des utilitaires

Image d'illustration - L'usine de Renault-DongFeng à Wuhan, ici photographiée en 2016. Renault n'y produira désormais plus de véhicules thermiques.

Image d'illustration - L'usine de Renault-DongFeng à Wuhan, ici photographiée en 2016. Renault n'y produira désormais plus de véhicules thermiques. - JOHANNES EISELE / AFP

Le Groupe Renault annonce ce mardi qu’il abandonne la production des véhicules thermiques en Chine, pour se concentrer sur les voitures électriques et les utilitaires.

Renault se concentrera désormais en Chine sur les voitures électriques et les utilitaires. Dans un communiqué publié ce mardi matin, la marque au losange a annoncé une nouvelle stratégie sur le premier marché automobile mondial. Renault n’y produira plus de voitures thermiques.

"Nous ouvrons un nouveau chapitre en Chine. Nous allons nous concentrer sur les véhicules électriques et les véhicules utilitaires légers, les deux principaux moteurs de la mobilité propre de demain", a déclaré François Provost, directeur des opérations de la région Chine du constructeur français, cité dans ce communiqué.

Revente de sa coentreprise à son partenaire Dongfeng

En se libérant du véhicule thermique, Renault devrait aussi limiter les pertes dans une période économiquement compliquée pour le constructeur français. "Groupe Renault transférera sa participation dans Dongfeng Renault Automotive Company Ltd (DRAC, la coentreprise montée avec Dongfeng en 2013 autour des véhicules thermiques, ndlr) à Dongfeng Motor Corporation. DRAC cessera ses activités liées à la marque Renault", est-il précisé dans le communiqué.

Renault ne donne cependant aucun chiffre sur le gain suite à cette vente, ni sur le coût des futurs investissements dans le véhicule électrique sur place. Renault et Dongfeng avaient uni leurs forces en 2013, et possèdent une usine à Wuhan, dans l'est de la Chine. Le site emploie 2000 personnes, qui y fabriquent depuis 2016 les SUV Kadjar et Koleos. Ces véhicules n'ont cependant pas su trouver leur public, avec des chiffres de ventes bien loin des objectifs initiaux établis par Renault.

Une progression depuis deux ans dans le véhicule utilitaire

L’électrique et l’utilitaire sont les deux seuls moteurs de croissance pour Renault en Chine. Lors de la commercialisation des premiers modèles en 2016, Renault espérait y vendre 550.000 voitures par an. L’année dernière, le groupe français n’y a écoulé que 179.571 véhicules, des ventes en baisse de 17,2% par rapport à l’année précédente. Sur ce total, un peu moins de 22.000 modèles Renault ont été vendues.

La grande majorité de ces quelques 180.000 véhicules étaient en fait des utilitaires produits avec son partenaire Jubei&Huasong. Renault avait racheté 49% des parts de ce groupe en 2017 pour se développer dans le domaine des utilitaires, précise l'AFP.

Une petite voiture électrique low-cost

Sur le segment de la voiture électrique, Renault travaillera toujours avec DongFeng et son partenaire au sein de l’Alliance, Nissan. Une coentreprise sur la voiture zéro émission avait été montée en août 2017. Les travaux de cette nouvelle société baptisée "e-GT" arrivent depuis novembre sur le marché. Il s'agit de la petite voiture low-cost K-ZE, produite dans l’usine de Wuhan. la K-ZE a vocation à devenir "une voiture mondiale. Un dérivé basé sur le concept Dacia Spring sera commercialisé en Europe à partir de 2021", détaille le communiqué.

Toujours sur le marché des véhicules électriques, Renault s'appuiera par ailleurs sur une autre coentreprise (JMEV), bâtie avec le constructeur local JMCG. "Avec le soutien de Renault en qualité et technologies, JMEV prévoit de couvrir 45 % du marché chinois des VE en 2022 avec quatre modèles principaux", est-il anticipé.

Quelque 860.000 modèles électriques ont été vendus en Chine en 2019, de quoi en faire "le plus grand marché au monde". 

Pauline Ducamp avec AFP