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Dopé par la pandémie, Deliveroo prévoit désormais une croissance moins forte

Deliveroo s'effondre pour son premier jour de cotation

Deliveroo s'effondre pour son premier jour de cotation - Deliveroo

Deliveroo s'attend à une décélération de sa croissance avec la fin des confinements et la réouverture des restaurants.

La plateforme britannique de livraison alimentaire Deliveroo, qui a connu des débuts difficiles en Bourse, a bénéficié d'une très forte croissance au premier trimestre mais prévoit une décélération désormais en raison de la levée des restrictions sanitaires.

Les commandes ont plus que doublé (+114%) à 71 millions sur les trois premiers mois de l'année, souligne jeudi dans un communiqué le groupe qui a profité du confinement et de la fermeture des pubs et restaurants au Royaume-Uni ainsi que de l'essor du télétravail.

Au total, ses clients ont dépensé 1,65 milliard de livres sur son application permettant de se faire livrer des plats auprès de restaurants, soit 23,2 livres par commande. L'application se félicite de fidéliser de plus en plus de clients, qui sont 7,1 millions à l'utiliser régulièrement chaque mois.

Prudence à cause de la réouverture des restaurants

Deliveroo est surtout présent au Royaume-Uni et en Irlande, les deux pays représentant la moitié de ses ventes, mais la société possède des activités également dans d'autres pays comme la France, l'Espagne, l'Australie et Singapour.

"C'est notre quatrième trimestre consécutif où la croissance accélère, mais nous sommes conscients de l'impact incertain de la levée des restrictions liées au Covid-19", a souligné son fondateur et directeur général Will Shu.

C'est la raison pour laquelle "nous adoptons une approche prudente quant à nos objectifs pour l'année" prévient-il. Deliveroo s'attend à ce que son rythme de croissance décélère à mesure des déconfinements, mais explique que l'ampleur du coup de frein reste difficile à anticiper.

Au Royaume-Uni, les terrasses des pubs et restaurants ont rouvert depuis lundi et ils devraient pouvoir accueillir des clients à l'intérieur à partir du 17 mai.

Deliveroo maintient par ailleurs ses prévisions d'une croissance du montant des commandes comprise entre 30% et 40% en 2021, et d'une marge brute située entre 7,5% et 8%.

La société travaillait à fin mars avec 117.000 restaurants et se diversifie en proposant de la livraison de courses auprès de supermarchés. Elle compte plus de 100.000 livreurs dans le monde, reconnaissables aux imposants sacs à dos couleur turquoise qu'ils portent en sillonnant les rues des villes souvent à vélos.

Une entrée en Bourse difficile

Il s'agit des premiers résultats dévoilés par l'entreprise depuis sa désastreuse introduction en Bourse à Londres le 31 mars. Le titre s'était effondré le premier jour et reste depuis bien en dessous de son niveau d'entrée sur le marché.

Deliveroo a souffert des interrogations sur son modèle économique et les conditions de travail des livreurs, de l'absence de rentabilité et de la féroce concurrence dans le secteur.

De leur côté, les investisseurs étaient peu emballés par la publication du jour. Vers 9H20 GMT à la Bourse de Londres, le titre perdait 1,78% à 265,40 pence, soit une valorisation de 4,9 milliards de livres. C'est loin des 7,6 milliards réalisés lors de l'introduction en Bourse.

Pour Russ Mould, analyste chez AJ Bell, le marché a pu être déçu par les perspectives, observant qu"'il y a deux manières de regarder la situation" du groupe.

"Deliveroo pourrait voir une baisse de la demande alors que davantage de gens peuvent sortir, en particulier pour prendre leur repas", selon lui. Mais de l'autre côté, "ses conseillers ont sans doute dit au groupe de ne pas faire de trop grandes promesses", précise l'analyste."

La réputation de Deliveroo a été écornée par la chute de son cours. Il ne veut pas risquer une nouvelle baisse en étant trop ambitieux sur ses objectifs et en ne les atteignant pas", conclut Russ Mould.

P.D. avec AFP