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L'industrie du tourisme et les voyagistes touchés de plein fouet par les craintes liées au coronavirus

Invitée sur BFM Business, Valérie Boned, la secrétaire générale des Entreprises du Voyage (EdV), a tenu à mettre en exergue les difficultés que rencontre la filière touristique française face au coronavirus et les mécanismes activés pour en limiter les répercussions.

Quel impact le coronavirus a-t-il sur le secteur touristique français? Comment les tour-opérateurs, les distributeurs, les organisateurs de voyages d'affaires, de groupes et de séminaires, ou encore les salons s'organisent-il pour tenter de limiter les conséquences économiques du coronavirus sur leurs activités?

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Invitée dans Good Morning Business ce vendredi, Valérie Boned, secrétaire générale des Entreprises du Voyage (EdV) – une organisation qui représente à ce jour 1.600 entreprises en France – reconnaît que les réservations pour les voyages vers l'Asie se sont effondrées.

"Evidemment, on est un secteur touché. On a évidemment -99% de départs sur la Chine. Ce n'est pas surprenant. On est impacté sur l'Asie de façon importante alors que les destinations ne sont pas du tout (…) confinées. La Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, -61%. (…) Alors que effectivement, (…) il n'y a pas plus de choses qui se passent qu'en Europe. Même moins parfois. Sur l'Europe, jusqu'à fin janvier ça allait très bien d'ailleurs dans tous les secteurs. On a eu plutôt des chiffres en hausse: +7% en France, +8% à l'étranger. Et là sur le reste des destinations à part l'Asie, on était en début de semaine à -4%. Donc une tendance vraiment inversée et effectivement ça va dépendre de ce qu'il va arriver par la suite", concède la secrétaire générale des EdV.

Les entreprises révisent leur mode de fonctionnement

En outre, entre les annulations de salons, de conférences et de séminaires qui se multiplient, les entreprises des autres secteurs préfèrent, elles aussi, jouer la carte de la prudence. Au point de commencer - pour les plus grandes d'entre elles - à donner des consignes de sécurité à leurs collaborateurs, les invitant parfois à "ne plus prendre l'avion, de favoriser le télétravail, ou la conférence téléphonique", poursuit Valérie Boned.

"Ce qui est plus inquiétant, c'est que dans ce secteur du voyage d'affaires, (…) parfois ce sont des habitudes qui sont prises et qui installent donc des façons de travailler de voyager différentes du fait d'une crise. (…) C'est même aussi parfois l'occasion de faire des économies et d'en profiter", assure la secrétaire générale.

Comme lors des attentats de 2001 aux Etats-Unis, de l'épidémie de SRAS en 2003 ou de la dernière grande crise financière de 2008-2010, le secteur du tourisme est toujours "très impacté. (…) Dès qu'il se passe quelque chose, les choses se figent. Il y a vraiment un côté anxiogène de nos clients qui attendent. Un blocage qui fait que les choses s'arrêtent", observe Valérie Boned.

La différence, poursuit-elle, c'est que "dans la crise que l'on rencontre aujourd'hui, c'est plutôt le fait qu'on n'a pas encore vraiment d'idée du temps que ça va durer".

JCH