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Internet: Filippetti veut des taxes différentes pour la presse et la musique

La ministre a douché les revendications de l'industrie musicale

La ministre a douché les revendications de l'industrie musicale - -

La ministre de la culture ne veut pas faire bénéficier la musique de la "taxe Google" en discussion pour la presse.

Depuis quelques semaines, les industriels de la musique disent vouloir bénéficier d'une taxe Google, sur le modèle de celle en discussion pour la presse. Mais Aurélie Filippetti a douché ces espoirs dimanche 27 janvier. "Je souhaite mettre à contribution les acteurs d'internet et ceux qui utilisent en quelque sorte la valeur ajoutée créée par le secteur musical, pour qu'ils financent la création et la filière musicale", a assuré la ministre de la culture au Midem à Cannes.

Mais "concernant la musique, il n'est pas sûr qu'il faille décalquer ce que nous sommes en train d'élaborer concernant la presse. Ce sont deux questions assez différentes sur le principe, et ce qui est mis en place pour la presse ne pourrait pas être mis en place pour la musique", a-t-elle estimé. Il faut pour chaque secteur "avoir un lien très net entre ce qu'on demande comme contribution, et le secteur qui va bénéficier du fruit de cette contribution. C'est la seule manière légale d'avoir une taxe affectée".

Les majors mécontentes

Une déclaration froidement accueillie par le directeur général du SNEP (syndicat des majors du disque) David El Sayegh, qui a déclaré à l'AFP: "je suis très sceptique sur la capacité d'organiser un système de rémunération compensatoire à partir du moment où on traite filière par filière. Par définition, l'activité d'acteurs comme Google est une activité transversale. Ma grande crainte, c'est qu'on donne des miettes à la presse et qu'on abandonne le reste. Pour le moment, j'ai l'impression que la ministre temporise, ce n'est pas de bon augure".

Jeudi à Paris, David El Sayegh avait demandé à ce que soit "corrigé une inéquité financière" dûe à "l'enrichissement sans cause" des géants de l'Internet. Face à ces géants, "la relation est déséquilibrée, donc le politique doit intervenir". Toutefois, il avait longuement critiqué la taxe Google réclamée par les éditeurs de presse: "l'approche de la presse n'est pas la bonne. Cela aborde le problème de manière catégorielle, et ne résoud pas le problème dans sa globalité. Il y a une limite [à la logique] du premier arrivé, premier servi".

Jamal Henni