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Confinement: il voulait ouvrir son magasin JouéClub, les gendarmes en bloquent l’accès

Le magasin JouéClub de Ploumagoar

Le magasin JouéClub de Ploumagoar - Google Maps

Dénonçant la concurrence déloyale des hypermarchés et des sites internet, Frédéric Le Fave, patron de JouéClub à Ploumagoar (Côtes-d'Armor), a tenté d'ouvrir son magasin ce vendredi.

Comme il s’y était engagé la veille, Frédéric Le Fave n’a pas hésité à braver les interdictions. Patron du JouéClub de Ploumagoar (Côtes-d’Armor), ce Breton en colère contre les règles imposées dans le cadre du reconfinement a bien tenté d’ouvrir son magasin ce vendredi matin. Avant que les gendarmes n’interviennent dès 9h30 pour en bloquer l’accès aux clients, rapporte Le Télégramme.

Considéré comme un "commerce non essentiel", son magasin de jouets n’a de fait pas le droit d’ouvrir. Une situation injuste selon lui: "Les dés sont pipés. Les sites marchands sur internet et les hypermarchés ont le droit de vendre. Pas moi", dénonce-t-il dans le quotidien régional. Une indignation partagée par le maire de Ploumagoar, Yannick Echevest, qui a dit "comprendre son désarroi". "D’autant qu’en laissant la grande distribution vendre des jouets, cela va concentrer un maximum de gens sur un minimum d’espace", a-t-il souligné.

La situation est d’autant plus préjudiciable pour Frédéric Le Fave que son magasin réalise 60% de son chiffre d’affaires en novembre et décembre. Selon lui, ce sont entre 200.000 et 250.000 euros qui ne rentreront pas dans les caisses cette année à cause du reconfinement. Pour limiter la casse à l’approche des fêtes, il prévoit tout de même d’ouvrir un drive où les clients pourront venir chercher leur commande. Une solution qui devrait lui permettre de réaliser entre 20 et 30% de son chiffre d’affaires habituel.

Plusieurs commerçants refusent de fermer

Auprès de France Bleu Armorique, Frédéric Le Fave assure vouloir continuer à se battre. Il envisage notamment de faire appel à un huissier pour faire constater la concurrence déloyale des hypermarchés. Il se présente en outre "bien malgré (lui)" comme "un porte-étendard" de tous les petits commerçants contraints de baisser le rideau depuis ce vendredi.

Le franchisé JouéClub n'est pas le seul à refuser la fermeture de son commerce. Indigné par l’ouverture des magasins Fnac, Samuel Chauveau, gérant de la librairie de BD "Bulle" au Mans, a lui aussi décidé de rester ouvert "jusqu’à nouvel ordre". Bercy a néanmoins annoncé ce vendredi que la Fnac et la grande distribution devront fermer leurs rayons "livres" dès ce soir.

A Paris, Joël Alric, propriétaire de pubs, n’a pas caché son désarroi face à ce reconfinement généralisé. Sur BFMTV, il a poussé un coup de gueule, expliquant qu’il prendrait le risque de "rester ouvert quoi qu’il arrive".

P.L.