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Paris va connaître un nouveau record des prix de l'immobilier

Immobilier à Paris: les volumes baissent, pas les prix

Immobilier à Paris: les volumes baissent, pas les prix - -

La conjoncture, la frilosité des banques et les incertitudes sur la nouvelle fiscalité, expliqueraient le ralentissement qu'a connu l’activité immobilière dans la capitale. Pour autant, les prix résistent et continuent même à grimper.

Les prix de l’immobilier à Paris vont-ils atteindre de nouveaux sommets ? Après un mois de janvier exceptionnel, l’activité s’est contractée dans la capitale au deuxième trimestre. Les volumes de ventes ont chuté de 22% dans l’ancien. Un coup de frein attendu vu le contexte tendu. "Une conjoncture économique maussade (chômage en hausse, stagnation des revenus) a bridé les projets d’acquisition. Par ailleurs, les exigences renforcées des banques ont constitué un frein à l’acquisition", remarque la chambre des Notaires de Paris Ile-de-France.

Néanmoins, les prix ne décrochent pas. Ils atteignent 8340 euros le mètre carré, en hausse de 1% sur le trimestre et de 2,5% sur un an. D’après Thierry Delesalle, notaire et président de la commission des statistiques immobilières de la Chambre des Notaires de Paris, trois raisons expliquent cette résistance : "Les besoins de logements restent élevés, l’immobilier continue d’être la valeur-refuge par excellence et les taux d’intérêts sont historiquement bas". Sur 15 ans, le taux moyen a lâché 0,05 point et s’établit en septembre à 3,45%. Même constat pour les taux sur 20 ans, qui atteignent 3,80%, selon Empruntis.

En se basant sur les avants-contrats, les Notaires tablent sur un prix moyen de 8570 euros le mètre carré pour le troisième trimestre 2012. Ce qui représenterait un nouveau record.

L'attentisme prime

Pour 2013, les prévisions restent incertaines. Le marché est en attente de décisions qui puissent motiver les investisseurs et les accédants (PTZ, aides aux économies d’énergies… ). Un grand plan logement est en préparation et un volet du projet de loi de Finances 2013 concernera l’immobilier. Dans ce contexte, acheteurs comme vendeurs préfèrent visiblement voir venir...

Côté prix, difficile de faire un pronostic. Dans les années 1990, ils ont chuté un an après la baisse des volumes. L'actuel fort recul des volumes prédit-il donc un repli des prix pour 2013 ? "Il est bien aléatoire de parier sur une baisse des prix divinatoire", répond le notaire Philipe Sansot.

Il est évident que le marché est plus sélectif: les biens avec défauts se vendent moins facilement, de même que les produits surestimés. Et les ventes avec surenchères se font de plus en plus rares.

Néanmoins, le marché francilien est un marché "d’utilisateurs", c'est-à-dire de clients qui achètent un bien pour y vivre et non pour spéculer. Une véritable chute des prix semble donc peu probable.

Le titre de l'encadré ici

|||L'immobilier en Ile-de-France

Au deuxième trimestre 2012, 34 800 logements ont été vendus, neuf et ancien confondus, soit une baisse de 21% par rapport à la même période en 2011. Les prix sont restés quasi-stables (+0,3%) en variation trimestrielle et ont pris 1,9% sur un an, à 5520 euros le mètre carré.

Les prix en petite couronne ont perdu 0,3% sur le trimestre à 4400 euros par mètre carré. En grande couronne, ils ont baissé de 0,5% à 3110 euros.

Diane Lacaze