BFM Business

GE-Alstom: Montebourg "appelle au calme"

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, se saisit du dossier Alstom-GE ce vendredi.

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, se saisit du dossier Alstom-GE ce vendredi. - -

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a enfin réagi au potentiel rapprochement de Alstom et General Electric ce 25 avril. Il appelle à la "vigilance patriotique".

Silencieux depuis plus de 24 heures et la rumeur de presse selon laquelle General Electric pourrait racheter Alstom, Arnaud Montebourg a enfin fait entendre sa voix ce 25 avril.

Depuis l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, en rentrant du site d'Airbus, le ministre de l'Economie a appelé "au calme" et à la "vigilance patriotique". Il a en outre assuré qu'il recevrait le patron de GE, "dès que possible, aux côtés du Premier ministre", Manuel Valls.

L'autoproclamé défenseur de l'industrie française avait déjà livré l'essentiel de sa position au Monde daté du 26 avril. "Le gouvernement travaille à d'autres solutions et éventualités que celles imaginées seules et sans que le gouvernement n'en ait été informé par Alstom", y a déclaré Arnaud Montebourg.

"J'ai rencontré monsieur Patrick Kron hier. Avec le Premier ministre nous rencontrerons prochainement le président de General Electric afin de placer le dialogue sur le terrain de ces préoccupations", a-t-il ajouté.

"Alstom est le symbole de notre puissance industrielle et de l'ingéniosité française [...] le gouvernement exprime une préoccupation et une vigilance patriotiques", a-t-il continué, pointant "le risque sérieux de perte d'un centre de décision".

Les activités énergie en ligne de mire?

Les rumeurs de rapprochement entre le fleuron français et le conglomérat américain ont été confirmées par Patrick Kron un peu plus tôt. Il éloigne toute possibilité d'OPA, mais évoque des discussions sur un partenariat industriel.

Ces informations de presse, avant même leur confirmation, ont provoqué la suspension de cotation du titre Alstom, vendredi 25 avril au matin. Une décision prise l'Autorité des marchés financiers (AMF), selon Euronext, l'opérateur boursier de la place parisienne. La suspension durera "jusqu'à nouvel avis", précise encore la plateforme.

Le titre a clôturé en hausse de 10,93% jeudi soir, en tête du Cac 40, après les rumeurs sur son potentiel rachat par le géant américain General Electric. L'AMF, dont le rôle est de réguler les marchés français, n'était pas immédiatement disponible pour expliquer cette décision.

Selon l'agence Bloomberg, le conglomérat américain s'apprête à acquérir le fleuron industriel français, qui connaît des difficultés ces derniers mois. GE allongerait 13 milliards d'euros pour cela. Le média américain indique même qu'une annonce pourrait être formulée dans la semaine.

Selon Le Figaro, seules les activités "énergie" du français intéressent l'américain. C'est-à-dire les centrales thermiques clé en main, les éoliennes, hydroliennes et réseaux. Des activités sur lesquelles les deux groupes sont extrêmement complémentaires.

Le concepteur du TGV garderait en revanche son activité transport, florissante, et dans laquelle il a gagné en 2013 des contrats mirobolants en Afrique du Sud et en Arabie Saoudite.

L'énergie représente néanmoins "plus de 70 % des 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'Alstom", rappelle Le Figaro. Soit l'essentiel du géant qui emploie 93.000 salariés dans le monde.

Alstom a démenti jeudi "être informé d'une OPA sur son capital". Et GE a refusé de confirmer la tenue de discussions entre eux. Un conseil d'administration du groupe de Patrick Kron est censé se réunir cet après-midi, selon les agences AFP et Reuters. Mais leur source ne précise pas le sujet de cette réunion.

|||sondage|||1825

N.G. avec agences